Qu'est-ce que la naturopathie ? Les fondements d'une science oubliée
Vitalisme, causalisme, humorisme, hygiénisme : les quatre piliers de la naturopathie orthodoxe, de Marchesseau à Kousmine. Pourquoi cette approche change tout.
François Benavente
Naturopathe certifié
La naturopathie n’est pas une mode. Ce n’est pas non plus un rayon de magasin bio ou une tendance Instagram. C’est une science de la santé qui remonte à Hippocrate, codifiée au XXe siècle par des hommes comme Pierre-Valentin Marchesseau, Paul Carton ou Alexander Salmanoff. Une science qui repose sur un constat simple : ton corps sait se guérir, à condition qu’on lui en donne les moyens.
Les quatre piliers
Marchesseau a structuré la naturopathie autour de quatre doctrines. Ce ne sont pas des concepts abstraits. Ce sont les lunettes à travers lesquelles un naturopathe lit ta santé.
Le vitalisme d’abord. Chaque cellule vivante est animée par une force non palpable que le Dr Robert Walter appelait « l’intelligence vitale ». Ce n’est ni chimique, ni physique. C’est cette impulsion qui fait que ton corps cicatrise une plaie, combat une infection, régénère un tissu sans que tu n’aies rien à décider. Le rôle du naturopathe n’est jamais de « guérir ». Seule la force vitale guérit. Notre rôle, c’est de lever les obstacles qui l’empêchent de faire son travail.
« L’homme devient malade, laid et fou, parce qu’il n’obéit pas aux lois de son espèce. » Pierre-Valentin Marchesseau
Le causalisme ensuite. La médecine moderne traite le symptôme. Le naturopathe cherche la cause de la cause de la cause. Tu as des migraines ? Ce n’est pas un déficit en paracétamol. C’est peut-être un foie surchargé, lui-même conséquence d’une alimentation inadaptée, elle-même liée à un mode de vie qui ne te correspond plus. Sur les traces de Lindlahr, on repose toujours la bonne question : quelle est la cause profonde de ton état de non-santé ?
Vient ensuite l’humorisme. Salmanoff l’a démontré de façon magistrale dans ses travaux sur la capillothérapie. Notre organisme est fait d’environ 80 % de liquides : 5 litres de sang, 10 litres de lymphe circulante, 20 litres de sérum extracellulaire, 20 litres de sérum intracellulaire. La qualité de ces « humeurs » détermine la qualité de ta santé. Quand le terrain s’encrasse, quand les acides saturent nos liquides corporels, les 100 000 kilomètres de capillaires qui irriguent ton corps se bouchent progressivement. Comme des alluvions dans un fleuve qui se déposent dans les méandres où le courant faiblit.
« La santé de l’homme n’est qu’une histoire de plomberie. » Alexander Salmanoff
Et l’hygiénisme, enfin. C’est l’ensemble des règles de vie conformes aux besoins de l’espèce humaine. Alimentation adaptée, sommeil suffisant, exercice physique, gestion du stress, contact avec la nature. Des principes que la vie moderne nous a fait oublier mais que le corps, lui, n’a jamais cessé de réclamer.
La bromatologie selon Marchesseau
L’alimentation est la première des quatre techniques majeures du naturopathe. Marchesseau ne parlait pas simplement de « manger sain ». Il distinguait très précisément les aliments spécifiques (ceux qui conviennent parfaitement à notre physiologie digestive : fruits, légumes, graines germées, noix), les aliments de tolérance (apparus plus tard dans l’évolution, utiles au labeur et au froid : viandes, poissons, amidonneux) et les aliments anti-spécifiques (qui n’existent pas à l’état naturel et dont le goût vient d’un assemblage artificiel : chocolat, café, pâtisseries, charcuteries). La conclusion est limpide : plus une personne est épuisée, moins elle est capable de digérer de gros repas. On revient alors aux fondamentaux. On fait comme les bébés : des aliments simples, vivants, facilement assimilables.
La loi du facteur limitant
Il y a une loi en naturopathie que j’aime particulièrement, tirée des découvertes du botaniste Karl Sprengel. Elle dit que la santé d’un être vivant est toujours limitée par le besoin vital le moins respecté. Tous les jardiniers la connaissent sous le nom de « loi du minimum » de Liebig. Et vous remarquerez que statistiquement, vous trouverez plus de gens qui brûlent la chandelle par les deux bouts que de jardiniers dans les salles d’attente des naturopathes.
Tu peux manger bio, marcher 10 000 pas par jour, avoir un physique irréprochable. Si tu scrolles sur ton téléphone jusqu’à 1h du matin, que tu ne vois jamais de verdure et que tu accumules les acidoses métaboliques sans récupérer, ton corps finira par te le faire payer.

Pour qui ?
Pour toi. Catherine Kousmine l’a formulé mieux que personne :
« J’aimerais que chacun comprenne qu’il ne peut compter que sur lui-même, qu’il est responsable de sa personne, que le corps dont il dispose doit être géré comme n’importe quel autre bien. »
Que tu aies 25 ou 70 ans, que tu sois en pleine forme ou que tu traînes une fatigue chronique depuis des années, la naturopathie n’est pas réservée aux « gens malades ». C’est d’abord une science de la prévention. Et quand Marchesseau disait que le naturopathe devait être avant tout un éducateur de santé, il ne plaisantait pas.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la naturopathie exactement ?
La naturopathie est une science de la santé fondée sur quatre piliers (vitalisme, causalisme, humorisme et hygiénisme) qui vise à restaurer la capacité d'auto-guérison de l'organisme. Elle repose sur dix techniques naturelles codifiées par Pierre-Valentin Marchesseau, dont la bromatologie, l'exercice physique, l'hydrologie et la psychologie.
La naturopathie est-elle reconnue en France ?
La naturopathie est reconnue par l'OMS comme médecine traditionnelle. En France, la profession n'est pas réglementée au niveau étatique mais est structurée par des fédérations comme la FENA qui garantissent un niveau de formation exigeant (1 200 heures minimum).
Quelle est la différence entre naturopathie et médecine conventionnelle ?
La médecine conventionnelle traite le symptôme. La naturopathie cherche la cause de la cause de la cause du déséquilibre. Elle ne se substitue pas à la médecine mais la complète en agissant sur le terrain, l'hygiène de vie et la force vitale de l'individu.
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