Bien-être · · 20 min de lecture · Mis à jour le

Fibromyalgie : quand ton corps crie ce que personne n'écoute

Fibromyalgie : les causes profondes (encrassage cellulaire, intestin poreux, stress oxydatif) et le protocole Seignalet.

FB

François Benavente

Naturopathe certifié

Il s’appelle Marc, il a 47 ans, et quand il s’est assis en face de moi, il m’a dit exactement ce que j’entends trois fois par semaine : « On m’a dit que c’était dans ma tête. » Douze ans de douleurs diffuses, de fatigue écrasante, de nuits non réparatrices. Son médecin traitant l’a envoyé chez le rhumatologue, qui l’a envoyé chez le neurologue, qui l’a renvoyé chez le généraliste avec une ordonnance d’antidépresseurs et de Lyrica. Personne ne lui a jamais parlé de son intestin. Personne n’a regardé ce qu’il mangeait. Personne ne lui a expliqué que ses cellules musculaires baignaient littéralement dans leurs propres déchets.

La fibromyalgie touche 2 à 4 % de la population, soit environ deux millions de personnes en France. Huit patients sur dix sont des femmes. Le retard diagnostique moyen dépasse les cinq ans. Cinq ans d’errance, de consultations en cascade, de regards en biais. C’est un syndrome caractérisé par des douleurs musculo-squelettiques diffuses, une fatigue chronique invalidante et des troubles du sommeil. La médecine le reconnaît comme maladie depuis 1992 (OMS), mais peine à le comprendre parce qu’elle le regarde avec les mauvais outils.

« Ne tuez pas les moustiques, asséchez le marécage. » Pierre-Valentin Marchesseau

La rhumatologie cherche une lésion. La neurologie cherche un nerf. La psychiatrie cherche un trouble psychique. Et pendant ce temps, le terrain crie. La naturopathie ne prétend pas guérir la fibromyalgie. Elle propose de comprendre pourquoi ces cellules dysfonctionnent et d’agir sur les racines du problème. Et quand on commence à creuser, on tombe sur un nom qui revient sans cesse : Jean Seignalet, et sa théorie de l’encrassage.

Ce qu’on ne te dit pas sur la fibromyalgie

La fibromyalgie n’est pas une maladie imaginaire. Ce n’est pas non plus « juste du stress ». C’est un syndrome d’encrassage cellulaire, au sens où Seignalet l’a théorisé dans L’alimentation ou la troisième médecine. Les muscles, les tendons et les neurones du patient fibromyalgique baignent dans un excès de déchets métaboliques que l’organisme ne parvient plus à évacuer. Ce n’est pas une inflammation au sens classique. C’est un encombrement, un engorgement, une intoxication lente et silencieuse des cellules.

Seignalet classe la fibromyalgie dans les maladies d’encrassage, au même titre que l’arthrose, le diabète de type 2, la maladie de Parkinson ou certaines migraines. Le mécanisme est toujours le même : des molécules alimentaires et bactériennes traversent un intestin devenu poreux, atteignent la circulation générale, et vont se déposer dans les cellules de l’organe cible. Pour l’arthrose, ce sont les chondrocytes. Pour la fibromyalgie, ce sont les myocytes (cellules musculaires), les tendinocytes (cellules tendineuses) et les neurones.

Les cinq racines de la fibromyalgie et leurs interactions

Le diagnostic clinique repose sur les critères de l’American College of Rheumatology (ACR). En 1990, la définition exigeait la présence de 18 points douloureux spécifiques, appelés tender points1. Depuis 2010, les critères ont été élargis pour inclure un index de douleur diffuse (WPI) et une échelle de sévérité des symptômes (SS)2. Mais ces critères ne disent rien sur le pourquoi. Ils décrivent un tableau, ils ne racontent pas l’histoire. Et l’histoire, c’est celle du terrain.

La triade que personne ne décortique

La fibromyalgie repose sur trois piliers cliniques indissociables. Ce ne sont pas trois symptômes séparés. C’est un engrenage, un cercle vicieux où chaque élément alimente les deux autres.

Le premier pilier, c’est la douleur. Une douleur diffuse, bilatérale, présente depuis au moins trois mois, qui touche les quatre quadrants du corps. Ce n’est pas une douleur articulaire comme dans l’arthrose. C’est une douleur musculaire profonde, une sensation de courbatures permanentes, de brûlures, de contractures. Le patient fibromyalgique vit avec un seuil de douleur anormalement bas. La substance P, ce neuropeptide qui transmet le signal douloureux, est triplée dans le liquide céphalo-rachidien des patients fibromyalgiques3. Le cerveau reçoit un signal de douleur amplifié, même pour des stimuli qui ne devraient pas être douloureux. C’est ce qu’on appelle l’allodynie et l’hyperalgésie.

Le deuxième pilier, c’est la fatigue. Pas une fatigue ordinaire. Une fatigue qui ne s’améliore pas avec le repos. Une fatigue de terrain, celle que Marchesseau appelait la « fatigue humorale », liée à l’accumulation de toxines dans les liquides de l’organisme. Les études de Bengtsson montrent un déficit en ATP de 20 % dans les muscles des patients fibromyalgiques4. La phosphocréatine, la réserve énergétique immédiate du muscle, est elle aussi abaissée. Ce n’est pas que le patient ne veut pas bouger. C’est que ses cellules musculaires n’ont littéralement plus l’énergie pour fonctionner correctement. La force musculaire est réduite de 39 % et l’endurance de 81 % par rapport aux sujets sains.

Le troisième pilier, c’est le sommeil non récupérateur. Moldofsky l’a démontré dès 1975 : les fibromyalgiques présentent une anomalie alpha-delta du sommeil5. Des ondes alpha rapides viennent parasiter le sommeil lent profond (ondes delta), empêchant le corps d’entrer dans les phases de réparation tissulaire. Le sommeil est fragmenté, léger, superficiel. Le patient dort, mais ses cellules ne se réparent pas. Moldofsky a même reproduit les symptômes de fibromyalgie chez des sujets sains en les privant sélectivement de sommeil profond. Pas de phase NREM profonde, pas de réparation musculaire. Et sans réparation, l’encrassage s’accumule.

L’intestin poreux : la porte d’entrée de l’encrassage

C’est ici que Seignalet rejoint Marchesseau. L’hyperperméabilité intestinale est le point de départ du processus d’encrassage6. La muqueuse intestinale, quand elle est saine, forme une barrière sélective de 300 à 400 mètres carrés. Seuls les nutriments correctement digérés (acides aminés, acides gras, monosaccharides) traversent cette barrière via les entérocytes. Mais quand les jonctions serrées entre les cellules se relâchent, des macromolécules passent dans la circulation : peptides incomplètement digérés, toxines bactériennes (LPS), fragments alimentaires non reconnus par le système immunitaire.

Les coupables sont identifiés. Le gluten des blés modernes est en première ligne. Le blé que nous consommons aujourd’hui n’a plus rien à voir avec l’engrain de nos ancêtres. Les manipulations génétiques ont multiplié les chromosomes de 14 (diploïde) à 42 (hexaploïde), augmentant la teneur en gliadines toxiques. La caséine des laitages pose le même problème : le lait de vache contient des protéines (bêta-caséine A1) que nos enzymes ne dégradent pas complètement. Les cuissons à haute température (au-dessus de 110°C) créent des molécules de Maillard, des glycotoxines que l’organisme ne reconnaît pas et ne sait pas éliminer.

Comme je l’explique dans l’article sur la nutrition anti-inflammatoire, ce terrain inflammatoire chronique épuise le système immunitaire et entretient la perméabilité intestinale. C’est un cercle vicieux. Et dans la fibromyalgie, les conséquences sont directes : les macromolécules qui franchissent la barrière intestinale vont se déposer dans les muscles, les tendons et les neurones, créant cet encrassage cellulaire qui explique les douleurs diffuses.

Le déficit énergétique : des cellules en panne sèche

Le fibromyalgique n’est pas fainéant. Ses cellules musculaires sont en panne énergétique. Les mitochondries, ces centrales énergétiques présentes dans chaque cellule, dysfonctionnent. La production d’ATP (adénosine triphosphate, la monnaie énergétique de l’organisme) est insuffisante. Et sans énergie, tout ralentit : la contraction musculaire, la réparation tissulaire, la détoxification cellulaire.

Plusieurs mécanismes convergent vers ce déficit. Le coenzyme Q10 (ubiquinone), indispensable au transport des électrons dans la chaîne respiratoire mitochondriale, est significativement abaissé chez les fibromyalgiques7. La carnitine, qui transporte les acides gras vers les mitochondries pour la production d’ATP, est un autre cofacteur souvent déficient. Le magnésium, cofacteur de plus de 300 réactions enzymatiques dont la synthèse d’ATP, est chroniquement déficient. Les vitamines B, notamment B1 (thiamine), B2 (riboflavine) et B3 (niacine), sont les coenzymes des déshydrogénases du cycle de Krebs. Sans elles, le cycle tourne au ralenti.

Le stress oxydatif aggrave le tableau8. Les radicaux libres endommagent les membranes mitochondriales, réduisant encore la capacité de production d’ATP. La capacité antioxydante totale (ORAC) est abaissée chez les fibromyalgiques. Le superoxyde dismutase (SOD), la glutathion peroxydase (GPX) et la catalase, les trois enzymes antioxydantes majeures de l’organisme, ne fonctionnent pas à plein régime faute de cofacteurs : zinc, sélénium, cuivre, manganèse.

C’est un aspect que j’aborde dans l’article sur le zinc : cette carence silencieuse touche une grande partie de la population, et les fibromyalgiques encore plus. Le zinc est cofacteur de la delta-6-désaturase, l’enzyme qui permet la conversion des oméga-3 en EPA/DHA anti-inflammatoires. Sans zinc, l’inflammation chronique s’auto-entretient.

Le stress et le diencéphale : la clé de voûte oubliée

Marchesseau ne séparait jamais le corps de l’esprit. Pour lui, le diencéphale (hypothalamus, thalamus, épiphyse) est le chef d’orchestre de toutes les fonctions vitales. Et dans la fibromyalgie, cet orchestre joue faux. L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) est dérégulé. Le cortisol sabote aussi la thyroïde, ajoutant une couche de fatigue hormonale au tableau. Le cortisol, au lieu de suivre son rythme circadien normal (pic le matin, descente le soir), est aplati : trop bas le matin (d’où la fatigue au réveil), pas assez redescendu le soir (d’où les troubles du sommeil). C’est le schéma classique de l’épuisement surrénalien, qui suit les trois stades décrits par Selye.

« Libérez votre zone diencéphale de votre cortex. » Pierre-Valentin Marchesseau

Le vol de prégnénolone explique une partie du problème. La prégnénolone est la molécule mère de toutes les hormones stéroïdiennes. En situation de stress chronique, le corps l’utilise prioritairement pour fabriquer du cortisol, au détriment de la DHEA, de la progestérone et de la testostérone. C’est le pregnenolone steal : quand le cortisol monopolise toutes les matières premières, les hormones réparatrices et anti-inflammatoires s’effondrent. Ce mécanisme, je l’ai détaillé dans l’article sur l’endométriose, parce qu’il touche le même terrain.

La substance P, ce neuropeptide de la douleur, est sécrétée par les fibres C nociceptives. Chez le fibromyalgique, sa concentration dans le liquide céphalo-rachidien est deux à trois fois supérieure à la normale. Le seuil de douleur est abaissé. Le cerveau reçoit des signaux amplifiés. Et le stress, en stimulant l’axe HHS et en perturbant les neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine, GABA), amplifie encore cette sensibilisation centrale.

La sérotonine joue un rôle clé dans ce tableau. Ce neurotransmetteur est à la fois modulateur de la douleur, régulateur de l’humeur et précurseur de la mélatonine (l’hormone du sommeil). Or les fibromyalgiques présentent des taux de sérotonine et de tryptophane significativement abaissés9. La cascade est limpide : pas assez de tryptophane dans l’alimentation, pas assez de cofacteurs (B6, magnésium, fer, zinc) pour la conversion en 5-HTP puis en sérotonine, pas assez de sérotonine pour moduler la douleur et fabriquer la mélatonine, donc douleurs amplifiées et sommeil perturbé.

Le sommeil : quand le corps ne se répare plus

Le sommeil n’est pas un luxe. C’est le chantier de réparation de l’organisme. Pendant la phase de sommeil lent profond (stades 3 et 4 NREM), le corps libère l’hormone de croissance (GH), répare les tissus musculaires, consolide les apprentissages et effectue son ménage cellulaire (autophagie). Sans ces phases, le corps ne récupère pas. Et c’est exactement ce qui se passe dans la fibromyalgie.

Moldofsky a mis en évidence cette intrusion d’ondes alpha dans le sommeil delta des fibromyalgiques. Le cerveau passe d’un état de sommeil profond à un état de vigilance légère, des dizaines de fois par nuit, sans que le patient en ait conscience. Il dort. Mais son sommeil ne remplit pas sa fonction réparatrice.

Les conséquences sont en cascade. Sans sommeil profond, pas de sécrétion suffisante de GH. Sans GH, pas de réparation musculaire. Sans réparation, l’encrassage s’accumule. Sans évacuation des déchets, les douleurs augmentent. Et les douleurs perturbent le sommeil. Le cercle vicieux est bouclé.

Comme je l’explique dans l’article bien dormir naturellement, la qualité du sommeil dépend de plusieurs facteurs que la naturopathie sait accompagner : la production de mélatonine (qui dépend de la sérotonine, qui dépend du tryptophane, qui dépend du magnésium et de la B6), l’absence de stimulants le soir, la température corporelle, l’obscurité et le respect du rythme circadien.

Le foie : l’émonctoire central du fibromyalgique

Le foie est l’usine de détoxification de l’organisme. Chaque jour, il filtre 1,5 litre de sang par minute, neutralise les toxines endogènes (hormones usagées, déchets du métabolisme, ammoniac) et exogènes (pesticides, médicaments, additifs alimentaires), et les prépare pour l’élimination via la bile et les reins. Quand le foie est surchargé, les déchets s’accumulent dans le sang et les tissus. C’est la toxémie de Marchesseau, le point de départ de toute maladie chronique selon la naturopathie orthodoxe.

« Tout vient du ventre. Toute maladie naît d’un encombrement de l’émonctoire principal. » Salmanoff

Chez le fibromyalgique, la surcharge hépatique est presque constante. Les médicaments au long cours (antidépresseurs, antiépileptiques, antalgiques opioïdes) sollicitent les cytochromes P450 en permanence. L’alimentation industrielle apporte son lot de xénobiotiques. Et la dysbiose intestinale, souvent aggravée par une candidose liée à l’épuisement surrénalien, produit des endotoxines (LPS) qui arrivent au foie via la veine porte, ajoutant encore à la charge de travail hépatique.

La cure de détoxification hépatique, telle que je la décris dans l’article sur la détox de printemps, est un pilier incontournable de l’accompagnement naturopathique de la fibromyalgie. Mais attention : détoxifier un terrain très encrassé demande de la progressivité. Ouvrir les émonctoires trop vite, c’est risquer une crise curative violente (maux de tête, nausées, fatigue accrue). La règle d’or de Salmanoff : ouvrir les sorties avant de déloger les toxines.

Le régime Seignalet : 90 % de résultats positifs

C’est le cœur du protocole. Jean Seignalet, immunologiste et chercheur au CNRS, a suivi 80 patients fibromyalgiques avec son régime hypotoxique. Les résultats sont sans appel : 72 améliorations nettes, dont 55 rémissions complètes. Soit 90 % de résultats positifs, avec un délai moyen de 4 à 16 mois. Aucun médicament n’a jamais obtenu ces chiffres.

Le régime hypotoxique repose sur trois piliers alimentaires. Le premier, c’est la suppression des céréales mutées. Le blé, le seigle, l’orge, le maïs, l’épeautre sont remplacés par le riz, le sarrasin, le quinoa, le millet, le sésame, la châtaigne. Ce ne sont pas des céréales « sans gluten » industrielles (qui sont souvent pires, bourrées d’amidons modifiés et d’additifs), mais des céréales ancestrales, non hybridées, consommées telles quelles.

Le deuxième pilier, c’est la suppression des laitages animaux. Le lait de vache, le yaourt, la crème, les fromages à pâte molle sont exclus. La caséine du lait de vache (bêta-caséine A1) se dégrade en casomorphine-7, un peptide opioïde qui traverse la barrière intestinale et provoque une réaction immunitaire silencieuse. Seuls sont tolérés, en petite quantité, le beurre cru (peu de caséine, riche en butyrate) et certains fromages affinés de chèvre ou brebis (la fermentation longue dégrade une partie des protéines problématiques).

Le troisième pilier, c’est la cuisson douce. Au-dessus de 110°C, les protéines et les sucres se combinent pour former des molécules de Maillard (produits de glycation avancée, ou AGE). Ces molécules sont étrangères au vivant. Nos enzymes ne savent pas les dégrader. Elles s’accumulent dans les tissus et contribuent à l’encrassage. Seignalet préconise le cru autant que possible, et la cuisson à la vapeur douce, à l’étouffée ou au bain-marie pour les aliments qui nécessitent une cuisson.

Le protocole naturopathique en 3 piliers

Le protocole naturo complet : au-delà de l’alimentation

L’alimentation est le socle. Mais pour obtenir les résultats de Seignalet, il faut aller plus loin. Le protocole naturopathique complet repose sur trois axes complémentaires.

Le premier axe, c’est ouvrir les émonctoires. Le foie d’abord : la bouillotte chaude sur le flanc droit après chaque repas stimule la vascularisation hépatique et facilite la sécrétion biliaire. La phytothérapie hépatique complète le travail : le romarin (cholérétique), l’artichaut (cholagogue), le chardon-marie (hépatoprotecteur via la silymarine), le pissenlit (draineur hépato-rénal) et le radis noir (stimulant biliaire). Perlemuter ajoute le desmodium pour les foies très fatigués.

Les reins sont le deuxième émonctoire à soutenir. L’hydratation est fondamentale : 1,5 à 2 litres d’eau peu minéralisée par jour, en dehors des repas. Les infusions de reine-des-prés, orthosiphon, piloselle ou queues de cerise soutiennent la filtration rénale. Et Salmanoff rappelle l’importance des bains chauds : l’hydrothérapie active la circulation capillaire, ouvre les pores de la peau (troisième émonctoire) et accélère l’élimination des déchets par la transpiration.

L’exercice physique modéré est un émonctoire à part entière. La marche, le vélo doux, la natation, le yoga mobilisent le diaphragme, qui masse le foie à chaque inspiration. Carton disait que le diaphragme est le « deuxième cœur ». L’exercice stimule aussi le retour lymphatique, ce système souvent oublié qui draine les déchets des tissus interstitiels vers le sang. Le fibromyalgique doit bouger, mais doucement. Pas de sport intense qui produit de l’acide lactique et aggrave les douleurs. De l’exercice aérobie, progressif, régulier.

Le deuxième axe, c’est recharger le terrain en micronutriments. Le magnésium bisglycinate est la priorité absolue : 300 à 400 mg par jour, en deux prises (matin et soir), loin des repas riches en phytates. Le magnésium est cofacteur de la synthèse d’ATP, de la relaxation musculaire, de la conversion du tryptophane en sérotonine et de plus de 300 autres réactions enzymatiques. Sa carence est quasi universelle dans la fibromyalgie10.

Les oméga-3 (EPA et DHA) à hauteur de 2 à 3 grammes par jour modulent l’inflammation chronique de bas grade et soutiennent les membranes cellulaires, y compris les membranes mitochondriales. L’huile de poisson ou de krill, ou des poissons gras trois fois par semaine (sardines, maquereaux, anchois) complètent l’apport alimentaire.

Le coenzyme Q10 (200 à 400 mg par jour) est indispensable pour restaurer la fonction mitochondriale. Sa forme réduite (ubiquinol) est mieux absorbée que l’ubiquinone. La vitamine D3 (2000 à 4000 UI par jour, à ajuster selon le bilan sanguin) module l’immunité et la sensibilité à la douleur. Les vitamines B en complexe soutiennent le cycle de Krebs, la méthylation et la synthèse des neurotransmetteurs.

La thyroïde mérite une attention particulière chez les fibromyalgiques. L’hypothyroïdie fruste (TSH normale haute, T4L basse-normale, T3L abaissée) est fréquente et aggrave la fatigue, les douleurs et la frilosité. Les cofacteurs thyroïdiens (iode, sélénium, zinc, tyrosine, fer) doivent être systématiquement évalués.

Le troisième axe, c’est la gestion du stress et la restauration du sommeil. La gemmothérapie occupe une place centrale dans le protocole. Le macérat de bourgeon de cassis (Ribes nigrum) est un cortisone-like naturel, anti-inflammatoire et adaptogène, essentiel pour reconstruire les surrénales. Le macérat de bourgeon de tilleul (Tilia tomentosa) est le grand calmant du système nerveux. Le bourgeon de figuier (Ficus carica) agit sur l’axe corticotrope et régule la sécrétion de cortisol. En association, 50 à 100 gouttes de chaque, le matin pour le cassis, le soir pour le tilleul et le figuier, ces trois bourgeons couvrent les deux versants du problème : l’inflammation et le stress.

« La maladie est la cristallisation d’une attitude mentale. » Edward Bach

La cohérence cardiaque (5 minutes, 3 fois par jour, 6 respirations par minute) est un outil simple et puissant pour réguler le système nerveux autonome et rééquilibrer l’axe HHS. La mélatonine à faible dose (1 à 3 mg, 30 minutes avant le coucher) peut aider à restaurer l’architecture du sommeil quand les mesures d’hygiène du sommeil ne suffisent pas. Et Marchesseau insistait toujours : couper les écrans une heure avant le coucher, dormir dans le noir complet, se coucher avant 23h pour capter le pic naturel de mélatonine.

Tu veux évaluer ton terrain ? Le questionnaire burnout BMS identifie un épuisement nerveux fréquent dans la fibromyalgie. Le questionnaire magnésium détecte cette carence quasi universelle, et le test dopamine de Braverman évalue le manque de motivation et d’élan.

Ce que la naturopathie ne fait pas

La naturopathie accompagne. Elle ne remplace pas le diagnostic médical ni le suivi rhumatologique. Si tu as des douleurs diffuses depuis plus de trois mois, la première étape est un bilan médical complet : NFS, VS, CRP, TSH-T3L-T4L, ferritine, magnésium érythrocytaire, vitamine D, bilan hépatique. Il faut éliminer les diagnostics différentiels : polyarthrite rhumatoïde, lupus, hypothyroïdie franche, syndrome de Sjögren, spondylarthrite.

Les traitements médicamenteux en cours (Lyrica, Cymbalta, tramadol) ne doivent jamais être arrêtés brutalement. La décroissance, si elle est envisagée, se fait toujours avec le médecin prescripteur, très progressivement, sur plusieurs mois, à mesure que le terrain s’améliore.

Basé à Paris, je consulte en visio dans toute la France. Tu peux prendre rendez-vous pour un accompagnement personnalisé.

La naturopathie et la médecine ne sont pas en concurrence. Elles sont complémentaires. L’une traite l’urgence et le symptôme. L’autre travaille le terrain et les causes. Le fibromyalgique a besoin des deux.

Pour le protocole fibromyalgie, Sunday Natural propose du magnésium bisglycinate, du CoQ10 et des champignons adaptogènes (reishi, cordyceps) de qualité pharmaceutique (-10% avec le code FRANCOIS10). Le tapis de mise à la terre Inalterra réduit l’inflammation chronique et améliore le sommeil profond (-10% avec le code FRANCOISB). Et un extracteur Hurom facilite la préparation des jus verts alcalinisants du régime hypotoxique (-20% avec le code francoisbenavente20). Retrouve tous mes partenariats avec les codes promo exclusifs.

Si tu veux un accompagnement personnalise, tu peux prendre rendez-vous en consultation.


Pour aller plus loin

Tu veux evaluer ton statut ? Fais le questionnaire hertoghe melatonine gratuit en 2 minutes.

Sources

  • Bengtsson, A. “The Muscle in Fibromyalgia.” Journal of Rheumatology 29 (2002) : 102-106.
  • Carton, Paul. Traité de médecine naturiste. Le François, 1920.
  • Seignalet, Jean. L’Alimentation ou la Troisième Médecine. 5e éd. Paris : François-Xavier de Guibert, 2004.
  • Salmanoff, Alexandre. Secrets et sagesse du corps. La Table Ronde, 1958.

« L’hygiéniste ne guérit pas. Il apprend au malade à ne plus empoisonner ses cellules. » Pierre-Valentin Marchesseau

Références scientifiques

Recette saine : Jus immunite curcuma-gingembre : Le curcuma calme l’inflammation de la fibromyalgie.

Footnotes

  1. Wolfe, F. et al. “The American College of Rheumatology 1990 Criteria for the Classification of Fibromyalgia.” Arthritis & Rheumatism 33, no. 2 (1990): 160-172. PMID: 2306288.

  2. Wolfe, F. et al. “The American College of Rheumatology Preliminary Diagnostic Criteria for Fibromyalgia and Measurement of Symptom Severity.” Arthritis Care & Research 62, no. 5 (2010): 600-610. PMID: 20461783.

  3. Russell, I.J. et al. “Elevated Cerebrospinal Fluid Levels of Substance P in Patients with the Fibromyalgia Syndrome.” Arthritis & Rheumatism 37, no. 11 (1994): 1593-1601. PMID: 7526868.

  4. Bengtsson, A. et al. “Reduced High-Energy Phosphate Levels in the Painful Muscles of Patients with Primary Fibromyalgia.” Arthritis & Rheumatism 29, no. 7 (1986): 817-821. PMID: 3741498.

  5. Moldofsky, H. et al. “Musculoskeletal Symptoms and Non-REM Sleep Disturbance in Patients with ‘Fibrositis Syndrome’ and Healthy Subjects.” Psychosomatic Medicine 37, no. 4 (1975): 341-351. PMID: 169541.

  6. Martin, F. et al. “Increased Gut Permeability and Bacterial Translocation Are Associated with Fibromyalgia and Myalgic Encephalomyelitis/Chronic Fatigue Syndrome.” Frontiers in Immunology 14 (2023): 1253121. PMID: 37744357.

  7. Cordero, M.D. et al. “Coenzyme Q10 Distribution in Blood Is Altered in Patients with Fibromyalgia.” Clinical Biochemistry 42, no. 7-8 (2009): 732-735. PMID: 19133251.

  8. Bagis, S. et al. “Free Radicals and Antioxidants in Primary Fibromyalgia: An Oxidative Stress Disorder?” Rheumatology International 25, no. 3 (2005): 188-190. PMID: 14689230.

  9. Russell, I.J. et al. “Cerebrospinal Fluid Biogenic Amine Metabolites in Fibromyalgia/Fibrositis Syndrome and Rheumatoid Arthritis.” Arthritis & Rheumatism 35, no. 5 (1992): 550-556. PMID: 1374252.

  10. Bagis, S. et al. “Is Magnesium Citrate Treatment Effective on Pain, Clinical Parameters and Functional Status in Patients with Fibromyalgia?” Rheumatology International 33, no. 1 (2013): 167-172. PMID: 22271372.

Tu veux approfondir ce sujet ?

Chaque semaine, un enseignement de naturopathie orthodoxe, une recette de jus et des réflexions sur le terrain.

Questions fréquentes

01 La fibromyalgie peut-elle disparaître naturellement ?

Seignalet a observé 90 % de résultats positifs sur 80 patients fibromyalgiques avec le régime hypotoxique : 55 rémissions complètes et 17 améliorations nettes, avec un délai moyen de 4 à 16 mois. La naturopathie ne guérit pas au sens médical, mais en agissant sur le terrain (alimentation, émonctoires, micronutrition, sommeil, stress), de nombreuses personnes retrouvent une qualité de vie significative. Le suivi médical reste indispensable.

02 Quels compléments alimentaires prendre en cas de fibromyalgie ?

Les cofacteurs prioritaires sont le magnésium bisglycinate (300-400 mg/j, réparti en 2 prises), les oméga-3 EPA/DHA (2-3 g/j), la vitamine D3 (2000-4000 UI/j), le coenzyme Q10 (200-400 mg/j), les vitamines B (complexe B, notamment B6 P5P et B12 méthylcobalamine), le zinc (15-25 mg/j) et la mélatonine à faible dose (1-3 mg le soir si troubles du sommeil). Chaque supplémentation doit être individualisée selon un bilan biologique.

03 Fibromyalgie et alimentation : quel régime suivre ?

Le régime hypotoxique de Seignalet est le mieux documenté pour la fibromyalgie. Il repose sur l'éviction du blé muté et des céréales modernes (au profit du riz, sarrasin, quinoa), la suppression des laitages animaux (sauf petites quantités de beurre cru et fromages de chèvre/brebis affinés), la cuisson douce en dessous de 110°C, et la consommation abondante de crudités, fruits frais, huiles vierges première pression à froid et protéines animales de qualité biologique.

04 Fibromyalgie et stress : quel est le lien ?

Le stress chronique aggrave la fibromyalgie par plusieurs mécanismes : augmentation de la substance P (neuropeptide de la douleur, triplée chez les fibromyalgiques selon Russell), dérégulation de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien avec cortisol bas, vol de prégnénolone au détriment des hormones réparatrices, et perturbation du sommeil profond. La gestion du stress (cohérence cardiaque, gemmothérapie, exercice modéré) est un pilier incontournable du protocole.

05 Quelle différence entre fibromyalgie et fatigue chronique ?

La fibromyalgie se caractérise par des douleurs musculaires diffuses avec des points douloureux spécifiques (18 tender points de l'ACR), une fatigue chronique et des troubles du sommeil. Le syndrome de fatigue chronique (SFC) se définit d'abord par une fatigue invalidante de plus de 6 mois, non améliorée par le repos, sans les points douloureux spécifiques de la fibromyalgie. Les deux syndromes partagent des mécanismes communs (encrassage, stress oxydatif, dysbiose) et se chevauchent souvent. Certains auteurs les considèrent comme deux expressions d'un même continuum.

Cet article t'a été utile ?

Donne une note pour m'aider à m'améliorer

Laisser un commentaire