Micronutrition · · 17 min de lecture · Mis à jour le

L'hypothyroïdie est un symptôme, pas un diagnostic

Après plus de 300 consultations thyroïdiennes, une certitude : l'hypothyroïdie cache toujours une cause en amont.

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François Benavente

Naturopathe certifié

Quand Marie est arrivée en consultation, elle a posé sur la table un dossier médical épais comme un annuaire. Trois endocrinologues, deux généralistes, un rhumatologue. Diagnostic unanime : hypothyroïdie. Traitement : Levothyrox 75 microgrammes. Pronostic : à vie. Ce que personne n’avait cherché, en revanche, c’est pourquoi sa thyroïde avait ralenti. Pourquoi cette femme de trente-huit ans, sportive, sans antécédent particulier, s’était mise à grelotter en juin, à perdre ses cheveux par poignées et à prendre six kilos en quatre mois. Le mot « hypothyroïdie » avait clos l’enquête avant même qu’elle ne commence.

Après plus de trois cents consultations liées à la thyroïde, je peux formuler ce constat avec certitude : l’hypothyroïdie n’est presque jamais un diagnostic final. C’est un signal. Un voyant rouge sur le tableau de bord d’un organisme qui souffre en amont. Et tant qu’on ne trouve pas la cause, on ne fait que repeindre le voyant.

Le Dr Pache écrivait : « Toute maladie est une échéance et non un accident ; la maladie est préparée de longue date par des fautes d’hygiène. » Cette phrase pourrait résumer à elle seule ma pratique quotidienne en cabinet. L’hypothyroïdie ne tombe pas du ciel. Elle est préparée, construite, alimentée par un ensemble de déséquilibres qui convergent vers la thyroïde comme des affluents vers un fleuve. Si tu veux comprendre les bases du terrain en naturopathie, je t’invite à lire les bases de la naturopathie avant de poursuivre.

Pourquoi « hypothyroïdie » n’est pas un diagnostic

Le mot « hypothyroïdie » décrit un état : la thyroïde ne produit pas assez d’hormones. Mais il ne dit rien sur la raison de cet état. C’est comme dire à un patient qu’il a de la fièvre sans chercher l’infection. La fièvre n’est pas la maladie, c’est la réponse du corps à un problème. L’hypothyroïdie fonctionne exactement de la même manière.

Le Dr Benoît Claeys l’explique dans En finir avec l’hypothyroïdie avec une clarté remarquable. Il distingue plusieurs niveaux. L’hypothyroïdie primaire touche la glande elle-même : soit par auto-immunité (Hashimoto), soit par manque de cofacteurs nutritionnels (iode, tyrosine, sélénium, zinc, fer), soit par un défaut de conversion de la T4 en T3, soit par une résistance des récepteurs cellulaires à la T3. L’hypothyroïdie secondaire vient de l’hypophyse, qui ne produit pas assez de TSH pour stimuler la thyroïde. L’hypothyroïdie tertiaire vient de l’hypothalamus, qui ne produit pas assez de TRH pour stimuler l’hypophyse. Et l’hypothyroïdie congénitale est présente dès la naissance, souvent liée à une carence maternelle en iode pendant la grossesse.

La plupart des médecins s’arrêtent au premier étage. TSH élevée, T4 basse, voici votre ordonnance. Mais même au sein de l’hypothyroïdie primaire, les causes sont multiples et demandent chacune une approche différente. Un Hashimoto ne se traite pas comme une carence en iode. Un défaut de conversion hépatique ne se corrige pas avec du Levothyrox. Et une résistance cellulaire liée à un excès d’œstrogènes nécessite un travail sur l’équilibre hormonal, pas sur la thyroïde elle-même.

C’est cette confusion entre le signal et la cause qui explique pourquoi tant de patients thyroïdiens continuent de souffrir malgré leur traitement. Leur voyant rouge est éteint (la TSH rentre dans les normes), mais le moteur continue de chauffer.

Les cinq causes en amont

Sémiologie de l'hypothyroïdie : signes cliniques visibles comparés entre équilibre et hypothyroïdie

Schéma des 5 causes en amont de l'hypothyroïdie

En consultation, j’ai identifié cinq grandes catégories de causes qui alimentent l’hypothyroïdie. Elles ne s’excluent pas mutuellement. Au contraire, elles se combinent et s’aggravent les unes les autres, créant un réseau de déséquilibres dont la thyroïde n’est que le point de convergence.

La première cause, et la plus fréquente dans mon cabinet, est la carence en cofacteurs nutritionnels. La thyroïde est une usine de production hormonale qui fonctionne avec des matières premières précises : iode, tyrosine, sélénium, zinc, fer, magnésium, vitamines A, D, E, B1, B2, B3, B6, B12, cuivre, manganèse, molybdène. Si un seul de ces éléments manque, la chaîne de production est compromise. Le Dr Claeys estime que plus de quatre-vingt-dix pour cent de ses patients thyroïdiens présentent une carence nette en zinc. L’étude ENNS montre que quatre-vingts pour cent des Français sont en insuffisance de vitamine D. La ferritine de la plupart des femmes que je reçois est en dessous de 30 ng/mL quand l’objectif fonctionnel se situe entre 50 et 80. J’ai détaillé ces cofacteurs dans mon article sur la thyroïde et la micronutrition.

La deuxième cause est le foie surchargé. Le foie assure environ soixante pour cent de la conversion de la T4 (pro-hormone inactive) en T3 (hormone active). Il synthétise la TBG, la protéine qui transporte les hormones thyroïdiennes dans le sang. Il métabolise les œstrogènes en excès qui bloquent la thyroïde. Et il régule le cholestérol via la HMG-CoA réductase, une enzyme directement activée par la T3. Un foie encrassé par une alimentation trop riche, l’alcool, les médicaments, le stress ou les toxiques environnementaux devient incapable d’assurer ces fonctions. Combien de patients se voient prescrire des statines pour un cholestérol qui n’est que le reflet d’une thyroïde en souffrance ? La stéatose hépatique non alcoolique, ce « foie gras » que l’on retrouve chez un Français sur quatre, est à la fois cause et conséquence de l’hypothyroïdie.

La troisième cause est l’intestin perméable. L’intestin grêle est le deuxième site de conversion T4 en T3 après le foie (environ vingt pour cent). Mais surtout, un intestin poreux crée deux problèmes majeurs. D’abord, il absorbe mal les nutriments, ce qui aggrave les carences décrites plus haut. Ensuite, il laisse passer dans la circulation des peptides alimentaires et bactériens qui peuvent déclencher une réaction auto-immune contre la thyroïde, le mécanisme décrit par Seignalet dans Hashimoto. La dysbiose intestinale, les intolérances alimentaires (gluten, caséine), la candidose chronique et la prise régulière d’anti-inflammatoires sont autant de facteurs qui fragilisent cette barrière.

La quatrième cause est l’épuisement surrénalien. Le cortisol, hormone du stress, entretient une relation intime avec la thyroïde. Quand les surrénales sont surmenées par le stress chronique, le cortisol élevé inhibe directement la conversion de la T4 en T3 active et favorise la production de T3 reverse, une forme inactive qui bloque les récepteurs cellulaires. Le Dr Hertoghe insiste sur ce point dans ses formations : il faut toujours évaluer les surrénales avant de traiter la thyroïde. Donner des hormones thyroïdiennes à un patient dont les surrénales sont épuisées revient à fouetter un cheval épuisé. Le vol de prégnénolone, ce mécanisme par lequel le corps sacrifie la production de progestérone et de DHEA au profit du cortisol, est un classique de la consultation thyroïdienne.

La cinquième cause est l’exposition aux xénobiotiques. Selon l’EFSA, cent un pesticides sur deux cent quatre-vingt-sept évalués affectent la thyroïde. Les métaux lourds (mercure des plombages dentaires, plomb, cadmium), le fluor (dans l’eau du robinet et les dentifrices), les perturbateurs endocriniens (phtalates, bisphénols, PCB, dioxines) perturbent la synthèse, le métabolisme et le transport des hormones thyroïdiennes. Si tu cuisines encore avec des ustensiles qui libèrent des substances toxiques, consulte mon article sur les perturbateurs endocriniens en cuisine.

La loi du facteur limitant

Schéma du facteur limitant appliqué à la thyroïde

Le chimiste Justus von Liebig a formulé au dix-neuvième siècle une loi simple qui révolutionne la compréhension de la thyroïde : la croissance d’une plante est déterminée non pas par la quantité totale de ressources disponibles, mais par la ressource la plus rare. Liebig illustrait cette loi avec un tonneau dont les douves sont de longueurs inégales. Le niveau de l’eau dans le tonneau est déterminé par la douve la plus courte, quelle que soit la hauteur des autres.

Appliquée à la thyroïde, cette loi éclaire un phénomène que j’observe constamment en consultation. Une patiente peut avoir un apport suffisant en iode, en zinc, en magnésium, en vitamine D, mais si son sélénium est effondré, toute la chaîne de conversion T4 en T3 est bloquée. La thyroïde produit sa T4, mais les sélénoprotéines qui assurent la conversion ne peuvent pas fonctionner. Résultat : hypothyroïdie fonctionnelle malgré une production hormonale normale.

J’ai vu des cas où une simple correction de fer (la ferritine était à 12 ng/mL) a suffi à normaliser l’ensemble du bilan thyroïdien en trois mois. J’en ai vu d’autres où c’était le sélénium, ou la vitamine D, ou le magnésium. Dans chaque cas, un seul facteur limitant maintenait le patient dans un état d’hypothyroïdie que des années de Levothyrox n’avaient pas corrigé. Parce que le Levothyrox apporte de la T4, mais il n’apporte pas les cofacteurs nécessaires à sa conversion.

Le Dr Didier Cosserat utilise une image éclairante dans ses ouvrages. Il compare la thyroïde à une machine à laver. Le Levothyrox, c’est comme mettre le linge dans la machine. Mais si la machine n’a pas d’eau (le fer), pas de lessive (le sélénium), pas d’électricité (le magnésium) et pas de tuyau d’évacuation (le foie), le linge ressort aussi sale qu’avant. Le traitement hormonal substitutif est indispensable quand le tissu thyroïdien est détruit (Hashimoto avancé, thyroïdectomie), mais dans tous les autres cas, la priorité est de trouver et de corriger le facteur limitant.

C’est cette approche qui me fait dire que l’hypothyroïdie est un symptôme et non un diagnostic. Quand tu identifies le facteur limitant, quand tu corriges la douve la plus courte du tonneau, l’eau remonte naturellement. La thyroïde se remet à fonctionner, non pas parce que tu l’as forcée avec des hormones exogènes, mais parce que tu lui as rendu les conditions nécessaires à son fonctionnement.

Évalue ta thyroïde

Tableau d'auto-évaluation thyroïdienne

Le Dr Eugène Hertoghe a publié dès 1880 un examen clinique de l’hypothyroïdie basé sur l’observation et l’interrogatoire. Son arrière-petit-fils, le Dr Thierry Hertoghe, a poursuivi ce travail dans son Hormone Handbook avec cent sept symptômes répertoriés. L’étude Colorado Thyroid Disease Prevalence Study, réalisée sur plus de vingt-cinq mille participants, a chiffré les neuf symptômes principaux.

L’auto-évaluation que je propose en consultation se déroule en trois temps. Le premier temps explore les antécédents familiaux : thyroïde dans la fratrie, chez les parents, les grands-parents. Un terrain héréditaire d’hypothyroïdie existe, même s’il ne constitue jamais une fatalité. Le deuxième temps recherche des signes apparus dès l’enfance : pieds plats, dents qui se chevauchent, taille inférieure à la moyenne, croûtes de lait persistantes. Ces signes traduisent une thyroïde qui n’a pas pu se développer correctement, souvent par carence en iode chez la mère pendant la grossesse. Le troisième temps évalue les signes apparus après la puberté : frilosité excessive, fatigue disproportionnée, perte de cheveux, prise de poids inexpliquée, constipation chronique, peau sèche, brouillard mental, dépression, perte du tiers externe des sourcils (le fameux signe de Hertoghe), bradycardie.

Si ton score dépasse dix points sur cette grille, un bilan thyroïdien complet est justifié. Au-delà de trente points, la prise en charge devient nécessaire. Mais attention : un score élevé ne signifie pas automatiquement que ta thyroïde est en cause. Le Dr Hertoghe lui-même souligne que certaines carences en cortisol, en vitamine D, en fer, en zinc ou en vitamines B donnent un tableau clinique presque identique à l’hypothyroïdie. C’est précisément pour cela que le diagnostic doit aller au-delà du simple dosage de TSH.

La température basale reste un outil clinique précieux et gratuit. Prends ta température sous la langue pendant trois matins consécutifs, au réveil, avant de te lever. En dessous de 36,3 degrés Celsius le matin selon le Dr Mouton, la piste thyroïdienne est sérieuse. En dessous de 36 degrés, elle est quasi certaine. Tu veux aller plus loin ? Le questionnaire de Claeys est disponible sur mon site.

Le parcours du combattant

Le conseil scientifique du Luxembourg a produit un arbre décisionnel que j’utilise régulièrement en consultation pour expliquer à mes patients le parcours diagnostique. Il commence par la TSH. Si ta TSH est inférieure à 4 mU/L, le médecin s’arrête là. Game over. Pourtant, les normes physiologiques selon le Dr Claeys se situent entre 0,25 et 1,3 mU/L. Une TSH à 3,5, « dans les normes » pour ton laboratoire, peut déjà refléter une thyroïde qui souffre.

Si la TSH est élevée, le médecin poursuit avec la T4 libre. Mais comme le souligne Claeys, mesurer la TSH et la T4 revient en réalité à mesurer deux fois la même chose, puisque la TSH ne s’élève que lorsque la T4 baisse. C’est comme vérifier que ta voiture est en panne de carburant en regardant la jauge ET le niveau dans le réservoir. L’information est la même.

La vraie question est ailleurs : que fait ton corps de cette T4 ? La convertit-il correctement en T3 active ? C’est ici que le bilan standard s’arrête et que l’enquête naturopathique commence. Le moyen le plus sûr de diagnostiquer une hypothyroïdie selon Claeys consiste à mesurer le rapport T3/TBG. Quand la T3 manque, le corps produit davantage de protéines porteuses (TBG). Un rapport T3/TBG inférieur à 0,04 permet de suspecter fortement une hypothyroïdie fonctionnelle, même si la TSH et la T4 semblent normales.

Et parfois, même ce rapport n’est pas suffisant. Une étude publiée dans le Lancet par l’équipe du Dr J. Hertoghe sur huit cent vingt-deux hypothyroïdiens a démontré la supériorité des analyses urinaires sur les prélèvements sanguins pour le diagnostic. Un dosage sanguin, c’est un peu comme un relevé bancaire du jour : il te donne une photographie à un instant T, mais il ne dit rien sur le reste du mois. La thyroïde ayant un rythme qui varie d’une heure à l’autre, l’analyse urinaire sur vingt-quatre heures donne une image bien plus fidèle.

Si le bilan révèle une hypothyroïdie, quatre grandes pistes doivent être explorées. Soit la thyroïde ne fabrique pas assez de T4 (manque de briques de base). Soit la conversion T4 en T3 ne se fait pas correctement (foie, sélénium, fer). Soit la T4 est convertie en T3 reverse au lieu de T3 active (stress, inflammation, métaux lourds). Soit la T3 ne parvient pas à pénétrer dans les cellules (carence en vitamine D, en oméga-3, excès d’œstrogènes, déchets colloïdaux). La réponse à ces questions détermine le traitement. Et dans chaque cas, la réponse pointe vers une cause en amont de la thyroïde, pas vers la thyroïde elle-même.

Ce que je propose en consultation

Ma démarche en consultation thyroïdienne est simple dans son principe et exigeante dans sa mise en œuvre. Elle consiste à remonter le fil de la pelote plutôt que de couper le nœud.

La première étape est le bilan fonctionnel complet : TSH, T3L, T4L, T3 reverse, ratio T3L/rT3, anticorps (anti-TPO, anti-Tg, anti-récepteurs TSH), plus les cofacteurs (sélénium, zinc, cuivre, ferritine, vitamine D, magnésium érythrocytaire, homocystéine, B12, folates). Ce bilan dépasse largement ce que prescrit un généraliste standard, mais il est indispensable pour comprendre à quel étage le problème se situe.

La deuxième étape est l’identification du ou des facteurs limitants. Le bilan biologique, croisé avec l’anamnèse, l’examen clinique (température basale, signe de Hertoghe, état de la peau, transit, poids) et le questionnaire Hertoghe, permet de dresser une carte des déséquilibres. Chez Marie, dont je parlais en introduction, les facteurs limitants étaient une ferritine effondrée (14 ng/mL) et un foie engorgé (gamma-GT élevées, ASAT supérieur à ALAT). Sa thyroïde n’avait pas de problème. Son foie et son fer, si.

La troisième étape est la correction ciblée. On ne supplée pas tout en même temps. On corrige d’abord le facteur le plus limitant, on réévalue à six semaines, on ajuste. Les surrénales avant la thyroïde. Le fer et le sélénium avant l’iode. L’intestin avant les compléments (sinon la malabsorption annule l’effet de la supplémentation). C’est un travail de précision, pas de bombardement.

La quatrième étape est la surveillance du terrain dans sa globalité. La thyroïde ne vit pas isolée. Elle dépend du foie, des surrénales, de l’intestin, de l’équilibre hormonal, du sommeil, du mouvement, de la gestion du stress. Corriger une carence sans corriger le mode de vie qui l’a créée, c’est remplir un seau percé. C’est pourquoi chaque consultation intègre un volet alimentaire (la chrono-nutrition, les associations alimentaires, la qualité des cuissons), un volet émotionnel (le stress, le sommeil, les émotions refoulées) et un volet physique (le mouvement, l’hydrothérapie, l’exposition au froid).

Tu veux approfondir chacune de ces dimensions ? Mon article sur la thyroïde et la micronutrition détaille les sept cofacteurs essentiels. L’article sur Hashimoto explore le mécanisme auto-immun. Et celui sur le zinc explique pourquoi ce minéral est si souvent le facteur limitant chez les patients thyroïdiens.

Redonner à la thyroïde ses conditions de fonctionnement

Pour revenir à Marie. Six mois après notre première consultation, sa ferritine était remontée à 52 ng/mL. Son foie avait été drainé avec un protocole de dîners cellulosiques, de décoctions romarin-gingembre et de suppression de l’alcool. Sa T3 libre, qui était basse malgré le Levothyrox, s’était normalisée. Son endocrinologue avait même diminué le dosage. Elle n’avait plus froid en permanence. Ses cheveux avaient cessé de tomber. Elle avait retrouvé l’énergie de jouer avec ses enfants le soir au lieu de s’écrouler sur le canapé à dix-huit heures.

Rien de spectaculaire dans ce protocole. Pas de molécule miracle. Pas de découverte révolutionnaire. Juste l’identification d’un facteur limitant et sa correction méthodique. Juste le remplacement de la douve la plus courte du tonneau de Liebig.

Marchesseau écrivait : « Le naturopathe ne soigne pas la maladie, il corrige le terrain qui a permis à la maladie de s’installer. » L’hypothyroïdie incarne parfaitement cette philosophie. Ce n’est pas la thyroïde qu’il faut traiter en premier. C’est le terrain qui l’a mise à genoux.

Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, si tu prends du Levothyrox depuis des mois ou des années sans amélioration réelle, si ta TSH est « dans les normes » mais que tu te sens épuisé, frileux, embrumé, la question n’est pas « est-ce que ma thyroïde fonctionne mal ? » mais « pourquoi fonctionne-t-elle mal ? ». La réponse se trouve rarement dans la thyroïde elle-même. Elle se trouve dans ton foie, ton intestin, tes surrénales, ton assiette, ton environnement. Elle se trouve dans le facteur limitant que personne n’a cherché.

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Pour aller plus loin

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Sources

  • Hertoghe, Thierry. The Hormone Handbook. 2e éd. Luxembourg : International Medical Books, 2012.
  • Marchesseau, Pierre-Valentin. Fondateur de la naturopathie française, auteur de nombreux fascicules (1950-1980).
  • Mouton, Georges. Écologie digestive. Marco Pietteur, 2004.
  • Vernay, M. et al. “Vitamin D Status in the French Adult Population (ENNS, 2006-2007).” Urology Annals 4, no. 3 (2012) : 163-172.

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Questions fréquentes

01 L'hypothyroïdie est-elle une maladie ou un symptôme ?

En naturopathie, l'hypothyroïdie est considérée comme un symptôme, c'est-à-dire le signal que quelque chose dysfonctionne en amont. Elle peut être causée par des carences nutritionnelles, un foie surchargé, un intestin perméable, des surrénales épuisées ou une exposition aux toxiques. Traiter la cause corrige souvent le symptôme.

02 Peut-on avoir une thyroïde qui fonctionne mal avec une TSH normale ?

Oui. La TSH dans les normes de laboratoire (0,4 à 4,0) ne garantit pas un fonctionnement optimal. Les normes fonctionnelles situent la TSH idéale en dessous de 1,5 mU/L. De plus, une TSH normale n'exclut pas un défaut de conversion T4 en T3 ou un problème de réception cellulaire.

03 Quelles sont les principales causes en amont de l'hypothyroïdie ?

Cinq grandes causes alimentent l'hypothyroïdie : les carences en cofacteurs (sélénium, zinc, fer, iode, vitamine D), la surcharge hépatique (le foie convertit 60 pour cent de la T4 en T3), l'intestin perméable (malabsorption et auto-immunité), l'épuisement surrénalien (cortisol en excès bloque la conversion) et les xénobiotiques (pesticides, métaux lourds, fluor, perturbateurs endocriniens).

04 Qu'est-ce que la loi du facteur limitant appliquée à la thyroïde ?

La loi du facteur limitant, formulée par Liebig en agriculture, stipule que la croissance dépend du nutriment le plus déficient, pas du plus abondant. Pour la thyroïde, cela signifie qu'une seule carence majeure (par exemple le sélénium ou le fer) suffit à bloquer toute la chaîne de production hormonale, même si tous les autres cofacteurs sont présents.

05 Comment évaluer soi-même sa fonction thyroïdienne ?

Le questionnaire du Dr Hertoghe évalue les antécédents familiaux et les signes cliniques apparus après la puberté (frilosité, fatigue, perte de cheveux, prise de poids). Un score supérieur à 10 justifie un bilan. La température basale au réveil sous la langue (en dessous de 36,3 degrés Celsius) est un autre indicateur fiable et gratuit.

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