Bien-être · · 14 min de lecture · Mis à jour le

Grossesse : la micronutrition que personne ne te prescrit

Grossesse et préconception : le bilan essentiel, les cofacteurs clés (B9 méthylé, DHA, fer, zinc) et le protocole trimestre par trimestre.

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François Benavente

Naturopathe certifié

Elle s’appelle Julie, elle a 34 ans, et quand elle est venue me voir, elle avait déjà fait deux fausses couches. Son gynécologue lui avait prescrit de l’acide folique et lui avait dit « réessayez ». Rien d’autre. Pas de bilan thyroïdien. Pas de dosage de l’homocystéine. Pas un mot sur le zinc, le sélénium, la vitamine D, les oméga-3 ou le magnésium. Julie ne mangeait presque pas de protéines. Elle prenait la pilule depuis l’âge de 16 ans et l’avait arrêtée deux ans avant. Son alimentation était correcte mais pas optimale. Son stress était chronique. Et personne ne lui avait expliqué que son corps avait besoin de six mois minimum de préparation pour porter un enfant dans de bonnes conditions.

L’étude Val de Marne (Hercberg) a démontré ce que les naturopathes observent depuis des décennies : 100 % des femmes françaises manquent de magnésium, de vitamine B6 et de zinc1. L’étude Lecerf (Institut Pasteur/Curtay) confirme que les femmes arrivent à la conception déjà carencées. La pilule contraceptive aggrave les déficits en B6, en zinc, en magnésium et en acide folique2. Une grossesse précédente puise dans les réserves sans qu’elles soient reconstituées. Et le stress chronique brûle le magnésium, la B6 et le zinc à une vitesse que l’alimentation seule ne compense pas.

« Tout commence avant la conception. Un enfant se prépare comme on prépare un jardin : en nourrissant la terre avant de semer. » Robert Masson

La naturopathie de la grossesse ne commence pas au test positif. Elle commence six mois avant la conception. C’est le temps nécessaire pour reconstituer les réserves, corriger les déficits, assainir le terrain et optimiser la fertilité. Curtay résume : corriger les carences, arrêter le tabac, assainir l’environnement, faire un bilan biologique (B9, homocystéine, ferritine, vitamine D). Et ne pas oublier le père, dont le tabagisme est la première cause de fausses couches par altération de l’ADN spermatique.

Le bilan préconceptionnel que personne ne prescrit

Le bilan préconceptionnel complet avec valeurs optimales

Le bilan standard de la médecine conventionnelle (NFS, sérologie toxoplasmose/rubéole, groupe sanguin) est nécessaire mais terriblement insuffisant. Il ne dit rien sur les micronutriments. Or ce sont les carences silencieuses qui compromettent la fertilité et le développement fœtal.

Le bilan préconceptionnel que je prescris via le laboratoire Barbier (biologie fonctionnelle) comprend : TSH, T3L et T4L (fonction thyroïdienne), ferritine avec CRP ultrasensible (pour distinguer la carence en fer de l’inflammation), zinc et cuivre sériques (le ratio zinc/cuivre est fondamental), sélénium, vitamine D (25-OH, objectif supérieur à 50 ng/mL), vitamine B9 (folates, pas acide folique) et B12 active (holotranscobalamine, pas B12 totale), homocystéine (marqueur de méthylation, valeur optimale inférieure à 8 micromoles par litre, contre les 12 à 15 des normes laboratoire), statut en acides gras érythrocytaires (ratio oméga-3/oméga-6), iodurie (iode urinaire, reflet du statut en iode), magnésurie (magnésium urinaire, plus fiable que le magnésium sérique). En seconde intention : HbA1c (résistance à l’insuline), carnitine, cortisol urinaire, ratio 2/16-OH-œstrogènes (métabolisation hépatique des œstrogènes).

Ce bilan coûte entre 200 et 400 euros selon les marqueurs. C’est un investissement sur la santé de l’enfant à naître. Quand l’homocystéine dépasse 12,5 à 14 micromoles par litre, le risque de malformations cardiaques est multiplié par 3 à 5. Le risque de fausses couches et de prééclampsie augmente proportionnellement. Corriger cette valeur avec du 5-MTHF, de la B12 et de la B6 est simple, rapide et peu coûteux. Encore faut-il la doser.

La B9 méthylée : pourquoi l’acide folique ne suffit pas

C’est probablement le point le plus important de la préconception, et le plus mal compris. On prescrit de l’acide folique (vitamine B9 synthétique) à toutes les femmes enceintes depuis que le Medical Research Council a démontré en 1991 que la supplémentation en folates divise par quatre le risque de malformations du tube neural (spina bifida, anencéphalie)3. Mais l’acide folique n’est pas la forme naturelle de la vitamine B9.

L’acide folique doit être converti en 5-méthyltétrahydrofolate (5-MTHF) pour être actif. Cette conversion passe par l’enzyme DHFR (dihydrofolate réductase), qui est extrêmement lente chez l’humain4. L’excès d’acide folique non métabolisé reste dans la circulation sanguine et est associé à un risque accru de certains cancers. Environ 40 % de la population présente un polymorphisme du gène MTHFR (C677T ou A1298C)5 qui réduit encore la capacité de conversion. Ces femmes reçoivent de l’acide folique qu’elles ne peuvent pas utiliser.

La solution est simple : prescrire directement du 5-MTHF (Quatrefolic® est la forme brevetée la plus étudiée). C’est la forme active, directement utilisable par l’organisme, quelle que soit la génétique de la patiente. C’est cette forme que contient le multivitamines grossesse UNAE, que je recommande systématiquement en préconception et pendant toute la grossesse.

La vitamine B9 joue un rôle central dans la méthylation, ce processus biochimique qui permet le transfert de groupes méthyle pour la synthèse des nucléotides (ADN et ARN), l’expression génétique et le développement fœtal. L’homocystéine est le marqueur de ce cycle : quand elle est élevée, la méthylation est déficiente. Et une méthylation déficiente pendant la grossesse, c’est un risque accru de malformations, de prématurité et de retard de croissance.

Le DHA : le cerveau de ton bébé en dépend

Le cerveau humain est composé à 60 % de lipides. Parmi eux, un tiers est constitué d’EPA et un tiers de DHA (acide docosahexaénoïque). Les gaines de myéline qui isolent les neurones contiennent un tiers de DHA. Le développement cérébral du fœtus, en particulier au troisième trimestre, est entièrement dépendant de l’apport maternel en DHA.

Le Dr Cousens insiste : le DHA doit être intégré dès la préconception, idéalement un an avant la conception. Les inhibiteurs de la synthèse de DHA à partir des oméga-3 végétaux (acide alpha-linolénique des graines de lin, noix, chanvre) sont nombreux : acides gras trans, sucre, insuline, alcool, corticoïdes. La conversion est de toute façon faible chez l’humain (moins de 5 %)6. La supplémentation directe en DHA (huile de poisson de qualité ou algues marines pour les végétariennes) est donc quasi indispensable.

Les oméga-3 à 4 grammes par jour (EPA + DHA) constituent le socle du protocole grossesse. Ils modulent l’inflammation, soutiennent le développement cérébral et rétinien du fœtus, réduisent le risque de prématurité7 et de dépression post-partum. Le lait maternel contient naturellement du DHA, à condition que la mère en ait suffisamment. Or le lait maternel moderne contient jusqu’à 20 % d’acides gras trans issus de l’alimentation industrielle, qui prennent la place des oméga-3.

Le fer, le zinc et le duel qui tue

Voici un paradoxe que la médecine conventionnelle ignore souvent : le fer et le zinc se concurrencent pour l’absorption intestinale. Supplémenter les deux en même temps réduit l’absorption de chacun. Et la grossesse consomme massivement les deux. Le zinc baisse progressivement tout au long de la grossesse. Le magnésium chute au troisième trimestre. L’excrétion urinaire de folates est augmentée. La B6 est surutilisée par les œstrogènes de grossesse.

L’anémie en cours de grossesse multiplie par 2,5 à 3 le risque de complications : prématurité, faible poids de naissance, mortalité périnatale. La ferritine doit être dosée avec la CRP (car l’inflammation augmente faussement la ferritine). Mais la supplémentation en fer n’est pas anodine. Le fer libre catalyse la réaction de Fenton : Fe²⁺ + H₂O₂ → Fe³⁺ + HO⁻ + HO•. Le radical hydroxyle (HO•) produit est le deuxième oxydant le plus puissant de l’organisme, après le fluor. C’est la réaction de Haber-Weiss : quand le fer est libre et non lié à la transferrine ou la ferritine, il devient pro-oxydant.

Curtay recommande de toujours associer le fer au magnésium (qui protège les membranes cellulaires) et aux polyphénols (thé vert entre les repas, fruits rouges, curcuma). Ne jamais associer le fer à la vitamine C à fortes doses, contrairement à ce qu’on lit partout : la vitamine C à haute dose catalyse l’oxydation en présence de fer libre. Le fer se prend au dîner, le zinc au petit-déjeuner, le calcium au coucher. Chacun à distance des autres.

Le zinc est le cofacteur le plus sous-estimé de la grossesse. Curtay le qualifie de « puissant facteur prédictif » des complications de l’accouchement. Le déficit en zinc réduit le poids du cerveau fœtal, la synthèse d’ADN et de protéines dans le cortex frontal, le cervelet et l’hippocampe. Une supplémentation minérale-vitaminique incluant le zinc est associée à 8 points de QI supplémentaires à l’âge de 4 ans. Et 100 % des femmes françaises consomment moins de 15 mg de zinc par jour (ANC recommandés).

La thyroïde : la grande oubliée de la fertilité

La micronutrition de grossesse trimestre par trimestre

C’est un sujet que j’ai développé en profondeur dans l’article sur la thyroïde et la micronutrition, mais il prend une dimension particulière pendant la grossesse. Pendant les quatre premiers mois, le fœtus ne possède pas encore de glande thyroïde fonctionnelle. Il dépend entièrement des hormones thyroïdiennes maternelles. Et c’est la T3 (et non la T4) qui traverse le placenta. Ce qui signifie que la conversion T4→T3 maternelle doit être optimale : sélénium, fer, santé hépatique, absence de dysbiose.

Une femme sur cinq est infertile à cause d’une dysthyroïdie non diagnostiquée. L’American Thyroid Association recommande une TSH inférieure à 2,5 mUI/L en préconception et au premier trimestre8. Or les normes laboratoire vont jusqu’à 4,5. Combien de femmes sont étiquetées « normales » avec une TSH à 3,5 et des difficultés à concevoir ?

L’hypothyroïdie fruste en début de grossesse augmente le risque de fausses couches, de retard de développement neurologique, de retard de croissance et de prématurité. L’étude Colorado (25 000 patients) a catalogué 107 symptômes de l’hypothyroïdie9. Et les troubles thyroïdiens sont plus fréquents pendant la grossesse à cause de l’augmentation des besoins en iode (le fœtus pompe l’iode maternel pour construire sa propre thyroïde au deuxième trimestre) et des modifications de la TBG sous l’effet des œstrogènes de grossesse.

Les cofacteurs thyroïdiens à optimiser en préconception : iode (150 à 200 mcg/j, via algues modérées ou complément), sélénium (100 mcg/j ou 3 noix du Brésil), zinc (15-25 mg/j), tyrosine (précurseur direct de la thyroxine), magnésium (cofacteur de la déiodinase), vitamine D3 (récepteur nucléaire de la T3), fer (cofacteur de la TPO).

Le protocole complet : avant, pendant, après

La préparation préconceptionnelle de six mois est le fondement. On corrige les carences identifiées au bilan, on installe l’alimentation hypotoxique (réduction des céréales mutées, des laitages, des cuissons à haute température, des aliments ultra-transformés), on ouvre les émonctoires (bouillotte hépatique, hydratation, exercice modéré), on stabilise le stress (cohérence cardiaque, gemmothérapie de cassis et figuier), et on met en place la supplémentation de base : multivitamines grossesse UNAE (qui contient le Quatrefolic®, l’iode, le zinc, le sélénium, la vitamine D, le CoQ10), oméga-3 à 4 grammes par jour, magnésium bisglycinate le soir, et vitamine D3 à dose adaptée au bilan.

L’équilibre œstrogène/progestérone doit être évalué, surtout en cas d’antécédents de SOPK, d’endométriose ou de règles douloureuses. Hertoghe rappelle que la progestérone est essentielle pour transformer l’endomètre prolifératif en endomètre sécrétoire, condition de l’implantation de l’embryon. La phytothérapie par phase du cycle (cassis, framboisier, prêle et ronces en phase folliculaire, puis gattilier, alchémille, achillée en phase lutéale, à raison de 2 × 80 gouttes par jour) est un outil doux et efficace pour soutenir cet équilibre.

Au premier trimestre, la prudence est maximale. Tous les organes vitaux se forment. Les nausées sont fréquentes (la vitamine K et la B6 à 25 mg par jour les atténuent). L’alimentation doit être riche en protéines (l’arginine est un acide aminé essentiel pendant la grossesse), en légumes verts (folates naturels), en bonnes graisses. Éviter strictement : alcool, tabac, poissons prédateurs (thon rouge, espadon, requin pour le mercure), fromages au lait cru (listeria), charcuterie. Au deuxième trimestre, la prise de poids commence, les besoins en protéines augmentent. Au troisième trimestre, le fœtus consomme 85 % du calcium et du fer maternel. C’est le moment le plus exigeant nutritionnellement.

Le Dr Cousens ajoute les super-aliments de la grossesse : la spiruline (65 % de protéines, fer, B12, chlorophylle), la chlorella (chélation des métaux lourds, protéines complètes), le pollen d’abeille frais (antioxydant), la levure de bière (vitamines B), et les jus d’herbe de blé (enzymes, chlorophylle). Avec une prudence pour le manganèse : il est toxique pour le cerveau du bébé et ne doit pas être supplémenté pendant l’allaitement.

Ce que la naturopathie ne fait pas

La naturopathie accompagne la grossesse. Elle ne remplace pas le suivi obstétrical. Les échographies morphologiques, le dépistage de la trisomie, la surveillance de la tension artérielle, le test O’Sullivan (diabète gestationnel), le prélèvement vaginal (streptocoque B) sont des actes médicaux indispensables. La supplémentation en fer doit toujours être validée par un bilan sanguin. Et certains compléments sont contre-indiqués pendant la grossesse (vitamine A à haute dose, certaines huiles essentielles, plantes emménagogues comme la sauge, l’armoise ou le persil à fortes doses).

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La grossesse est le projet le plus exigeant du vivant. Construire un être humain à partir de deux cellules demande une orchestration biochimique d’une complexité vertigineuse. Et chaque cofacteur manquant est un maillon faible dans cette chaîne. Préparer son corps, c’est offrir à cet enfant les meilleures fondations possibles.

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Références scientifiques

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Pour aller plus loin

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Sources

  • Curtay, Jean-Paul. Nutrithérapie : bases scientifiques et pratique médicale. Testez Éditions, 2008.
  • Hercberg, S. et al. “Vitamin status of a healthy French population: dietary intakes and biochemical markers.” International Journal for Vitamin and Nutrition Research 64.3 (1994) : 220-232.
  • Cousens, Gabriel. Conscious Eating. North Atlantic Books, 2000.
  • Hertoghe, Thierry. The Hormone Handbook. International Medical Publications, 2006.
  • MRC Vitamin Study Research Group. “Prevention of neural tube defects: results of the MRC Vitamin Study.” The Lancet 338.8760 (1991) : 131-137.

« Un enfant se construit avec les matériaux que sa mère lui donne. Si les matériaux manquent, les fondations sont fragiles. » Jean-Paul Curtay

Footnotes

  1. Hercberg, S. et al., “Vitamin status of a healthy French population: dietary intakes and biochemical markers,” International Journal for Vitamin and Nutrition Research 64, no. 3 (1994): 220-232. PMID: 7814237.

  2. Palmery, Maura et al., “Oral Contraceptives and Changes in Nutritional Requirements,” European Review for Medical and Pharmacological Sciences 17, no. 13 (2013): 1804-1813. PMID: 23852908.

  3. MRC Vitamin Study Research Group, “Prevention of neural tube defects: results of the Medical Research Council Vitamin Study,” The Lancet 338, no. 8760 (1991): 131-137. PMID: 1677062.

  4. Bailey, S.W. and Ayling, J.E., “The extremely slow and variable activity of dihydrofolate reductase in human liver and its implications for high folic acid intake,” Proceedings of the National Academy of Sciences 106, no. 36 (2009): 15424-15429. PMID: 19706381.

  5. Liew, S.C. and Gupta, E.D., “Methylenetetrahydrofolate reductase (MTHFR) C677T polymorphism: epidemiology, metabolism and the associated diseases,” European Journal of Medical Genetics 58, no. 1 (2015): 1-10. PMID: 25449138.

  6. Burdge, G.C. and Calder, P.C., “Conversion of alpha-linolenic acid to longer-chain polyunsaturated fatty acids in human adults,” Reproduction, Nutrition, Development 45, no. 5 (2005): 581-597. PMID: 16188209.

  7. Middleton, P. et al., “Omega-3 fatty acid addition during pregnancy,” Cochrane Database of Systematic Reviews 11 (2018): CD003402. PMID: 30480773.

  8. Alexander, E.K. et al., “2017 Guidelines of the American Thyroid Association for the Diagnosis and Management of Thyroid Disease During Pregnancy and the Postpartum,” Thyroid 27, no. 3 (2017): 315-389. PMID: 28056690.

  9. Canaris, G.J. et al., “The Colorado thyroid disease prevalence study,” Archives of Internal Medicine 160, no. 4 (2000): 526-534. PMID: 10695693.

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Questions fréquentes

01 Quand commencer la supplémentation avant la grossesse ?

Idéalement six mois avant la conception. C'est le temps nécessaire pour corriger les déficits en magnésium, zinc, fer, B9 (folates), vitamine D, oméga-3 et iode. Le bilan préconceptionnel (Synlab ou Barbier) permet d'identifier les carences à cibler en priorité. Le père doit aussi se préparer : tabac, alcool et carences en zinc altèrent la qualité du sperme et de l'ADN spermatique.

02 Acide folique ou folates : quelle est la différence ?

L'acide folique (synthétique) doit être converti en 5-méthyltétrahydrofolate (5-MTHF) par l'enzyme DHFR, très lente chez l'humain. Environ 40 % de la population présente un polymorphisme du gène MTHFR qui réduit encore cette conversion. Le 5-MTHF (Quatrefolic®) est la forme déjà active, directement utilisable. C'est la seule forme que je recommande. L'excès d'acide folique non métabolisé circulant est associé à un risque accru de certains cancers.

03 Grossesse et thyroïde : pourquoi est-ce si important ?

Pendant les quatre premiers mois, le fœtus dépend entièrement des hormones thyroïdiennes maternelles pour le développement de son système nerveux. La T3 (et non la T4) traverse le placenta. Une femme sur cinq est infertile à cause d'une dysthyroïdie non diagnostiquée. L'ATA recommande une TSH inférieure à 2,5 mUI/L en préconception et au premier trimestre. Les cofacteurs thyroïdiens (iode, sélénium, zinc, tyrosine, fer) sont systématiquement à évaluer.

04 Le fer est-il dangereux pendant la grossesse ?

Le fer est indispensable mais sa supplémentation doit être encadrée. Le fer libre catalyse la réaction de Fenton, qui produit le radical hydroxyle HO*, le 2e oxydant le plus puissant de l'organisme. La catalase, le glutathion et la SOD protègent normalement contre cette oxydation. Curtay recommande de toujours associer le fer au magnésium et aux polyphénols, jamais à la vitamine C à fortes doses (qui catalyse l'oxydation). Le fer doit être pris au dîner, à distance du zinc et du calcium.

05 Quels aliments privilégier pendant la grossesse ?

Protéines de qualité (1,4 g/kg/j, dont poissons gras 3x/semaine pour les oméga-3), abondance de légumes crus et cuits vapeur douce, fruits frais, huiles vierges première pression à froid (olive, colza, noix), graines (courge pour le zinc, lin broyées pour les oméga-3), algues modérément (iode), 3 noix du Brésil/jour (sélénium). Éviter les cuissons à haute température, l'alcool, le tabac, les poissons prédateurs (mercure) et les aliments ultra-transformés.

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