Règles douloureuses : comprendre les vraies causes et agir naturellement
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Règles douloureuses : comprendre les vraies causes et agir naturellement

Règles douloureuses : un naturopathe explique les causes profondes (prostaglandines, hormones, foie, candidose) et les solutions naturelles validées par la science.

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François Benavente

Naturopathe certifié

En cinq ans de consultations, je n’ai pas compté le nombre de femmes qui se sont assises en face de moi en disant la même chose : « On m’a toujours dit que c’était normal. » Normal d’avoir mal au point de ne pas pouvoir se lever. Normal de prendre quatre ibuprofènes avant 10 heures du matin. Normal de rater un jour de travail par mois. Normal de vivre pliée en deux.

La dysménorrhée. Voilà le terme médical pour ces douleurs qui touchent entre 50 et 90 % des femmes en âge de procréation. C’est la première cause d’absentéisme scolaire et professionnel chez les jeunes femmes. Et malgré ça, dans l’immense majorité des cas, la seule réponse proposée reste l’ibuprofène ou la pilule. Pas d’explication. Pas de bilan. Pas de recherche de cause.

« Primum non nocere. D’abord, ne pas nuire. » Hippocrate

La naturopathie ne prétend pas guérir les règles douloureuses d’un claquement de doigts. Elle propose autre chose : comprendre le terrain, identifier les déséquilibres, redonner au corps les outils dont il a besoin pour fonctionner. Et quand on commence à chercher, on découvre que les mécanismes sont fascinants. Derrière la douleur menstruelle, il y a des prostaglandines, des hormones en déséquilibre, un foie qui rame, un intestin qui dysfonctionne, des carences minérales qui s’accumulent en silence. Tout est lié. Et tout peut être amélioré.

Les prostaglandines, chefs d’orchestre invisibles

Chaque mois, à la fin du cycle menstruel, quand les taux de progestérone chutent, l’endomètre se désagrège. Ce processus libère des prostaglandines qui provoquent les contractions utérines nécessaires à l’expulsion de la muqueuse. Jusque-là, c’est normal. Le problème, c’est quand cette production est déséquilibrée.

Michel De Lorgeril, dans ses travaux sur les lipides et l’inflammation, l’explique de façon limpide : les règles douloureuses sont le résultat d’une production déséquilibrée de prostaglandines pro et anti-inflammatoires. Trop de messagers de la douleur, pas assez de messagers de l’apaisement.

Il existe trois séries de prostaglandines. La PGE2, fabriquée à partir de l’acide arachidonique (un oméga-6), est fortement pro-inflammatoire, pro-constrictrice et pro-agrégante plaquettaire. C’est elle qui provoque les contractions utérines violentes, les crampes, les nausées, les diarrhées parfois associées aux règles. En face, la PGE1 (issue du DGLA) et la PGE3 (issue de l’EPA, un oméga-3), sont anti-inflammatoires, myorelaxantes, vasodilatatrices. Le muscle utérin est un muscle lisse, et ces prostaglandines le détendent.

Les trois séries de prostaglandines et leur rôle dans la douleur menstruelle

Tout est donc une question de ratio. Si l’alimentation apporte un excès d’oméga-6 (huile de tournesol, produits transformés, viandes d’élevage conventionnel) et un déficit d’oméga-3 (poissons gras, graines de lin, noix), la balance penche du mauvais côté. Le ratio oméga-6/oméga-3 idéal est de 1 pour 3. Dans l’alimentation occidentale moderne, il est souvent de 20 pour 1, voire plus.

Un détail crucial : la conversion des acides gras en prostaglandines passe par une enzyme clé, la delta-6-désaturase. Et cette enzyme a besoin de cofacteurs : magnésium, zinc, vitamine B3, vitamine B6. Quand ces cofacteurs manquent, même si tu as assez d’oméga-3 dans ton assiette, la conversion ne se fait pas. Et cette enzyme est inhibée par l’hyperinsulinisme, le stress, les maladies du foie, l’hypothyroïdie et les acides gras trans. Autrement dit, un mode de vie moderne classique bloque cette enzyme sur plusieurs fronts en même temps.

L’équilibre hormonal qui fait tout basculer

S’il y a bien un concept que je répète à longueur de journée en consultation, c’est celui de dominance œstrogénique. Et attention, dominance ne veut pas dire excès. On peut avoir des œstrogènes dans les normes basses et être quand même en dominance si la progestérone est encore plus basse. C’est le ratio qui compte, pas la valeur absolue. Comme le précise Hertoghe dans The Hormone Handbook, « quand l’un des messagers manque à l’appel, tout le système compense, souvent mal ».

La progestérone, c’est l’hormone du calme utérin. Elle exerce un effet anti-inflammatoire direct sur l’endomètre et un effet myorelaxant sur le myomètre. Quand elle est insuffisante, l’endomètre se développe de façon excessive sous l’influence des œstrogènes non contrebalancés, et la desquamation est plus importante, plus inflammatoire, plus douloureuse.

Le vol de prégnénolone : quand le stress détourne la progestérone vers le cortisol

Pourquoi la progestérone baisse-t-elle ? La raison numéro un, c’est le stress chronique. La progestérone partage un précurseur avec le cortisol : la prégnénolone. Quand le corps est en stress permanent, la prégnénolone est détournée vers la production de cortisol au détriment de la progestérone. C’est le « vol de prégnénolone ». Les carences en progestérone sont fréquentes chez toute personne en phase de stress chronique.

Il y a aussi l’anovulation. Des femmes qui ont des cycles apparemment réguliers mais qui n’ovulent pas réellement, ou dont l’ovulation est si faible que le corps jaune ne produit presque pas de progestérone. Hertoghe souligne qu’en cas de carence en cortisol, il y a peu ou pas d’ovulation, ce qui crée un déséquilibre favorisant la formation de kystes ovariens.

Et puis il y a la pilule. Les hormones de synthèse prennent le relais des hormones naturelles. À l’arrêt, le corps doit réapprendre à fonctionner de façon autonome. Le retour à l’ovulation ne se fait pas toujours. De plus, la pilule augmente la résistance à l’insuline et entraîne une carence en vitamines du groupe B. Les travaux de Curtay confirment que le taux de vitamine B6 s’effondre chez les femmes sous pilule depuis plus de deux ans. Or la B6 est un cofacteur indispensable de la delta-6-désaturase.

Les xénoœstrogènes complètent le tableau : viande non biologique, lait conventionnel, pesticides, gluten, fritures, alcool, eau du robinet. Ces molécules miment l’action des œstrogènes et surchargent le foie qui doit les éliminer.

Ton foie, ton intestin, tes règles

Le foie est l’organe central de la détoxification des œstrogènes. Après avoir rempli leur fonction, les œstrogènes doivent être éliminés par les enzymes hépatiques (cytochromes P450). Les métabolites formés en position 2-OH ont une activité œstrogénique faible et sont protecteurs. En revanche, les métabolites 16-alpha-OH sont pro-inflammatoires. Pour orienter vers la voie protectrice 2-OH, les crucifères sont essentiels : brocoli, chou kale, roquette, radis. Les pousses de brocoli, riches en sulforaphane et indole-3-carbinol, sont les plus concentrées.

La détoxification hépatique des œstrogènes et son rôle dans les douleurs menstruelles

Quand le foie est congestionné, les œstrogènes ne sont plus correctement conjugués, repassent dans la circulation, et le déséquilibre hormonal s’aggrave. C’est la logique de la cure de désintoxication : assainir le terrain avant de le reconstruire.

Et puis il y a l’intestin. L’estrobolome, c’est l’ensemble des bactéries intestinales capables de métaboliser les œstrogènes. Certaines bactéries produisent la bêta-glucuronidase, qui déconjugue les œstrogènes que le foie avait préparés pour l’élimination. Résultat : les œstrogènes sont réabsorbés au lieu d’être évacués. La candidose intestinale est un élément que je vois très fréquemment associé aux douleurs de règles.

« La cause numéro 1, la baisse de production de bile. Qui est arrivé le premier, le marécage ou le moustique ? » Pierre-Valentin Marchesseau

Le Candida albicans fragilise la paroi intestinale, crée une hyperperméabilité, et capture le magnésium via la production de tricarballylate. On en revient encore au magnésium, cofacteur de la delta-6-désaturase.

Les carences qui entretiennent le cercle vicieux

Je pense à Sophie (prénom modifié), 28 ans, venue me consulter pour des règles si douloureuses qu’elle prenait quatre jours d’arrêt chaque mois. Personne ne lui avait jamais prescrit un dosage de magnésium érythrocytaire, de zinc plasmatique ou de vitamine B6. Quand j’ai reçu ses résultats, tout s’est éclairé.

Le magnésium d’abord. C’est le minéral anti-crampe par excellence : il relaxe le muscle lisse utérin. Curtay est formel : le déficit magnésien entraîne une hyperactivité associée à une sécrétion augmentée des cytokines. Or 80 % des femmes sont carencées selon l’étude du Val-de-Marne. Bisglycinate ou malate, 200 à 400 mg par jour.

Le zinc ensuite. Cofacteur de la delta-6-désaturase, modulateur immunitaire. Curtay le confirme : « en France, 100 % des femmes en âge de procréer ne reçoivent pas les 15 mg de zinc recommandés par l’alimentation ». Et la supplémentation en fer, antagoniste de l’absorption du zinc, peut aggraver le déficit. Le cercle vicieux par excellence.

La vitamine B6 (P5P) est le troisième cofacteur de la delta-6-désaturase. Elle joue aussi un rôle direct dans la synthèse de progestérone et dans le métabolisme hépatique des œstrogènes. La pilule consomme la B6, les œstrogènes en excès consomment la B6, et sans B6, la delta-6-désaturase ne fonctionne plus.

Les oméga-3 EPA et DHA : l’EPA est le précurseur direct des PGE3. Un déficit peut être associé à des troubles cutanés, des troubles de fertilité et un syndrome prémenstruel. Huile de poisson 500 mg à 1 g par jour, plus trois portions de poissons gras par semaine. Le fer doit être dosé avant toute supplémentation (ferritine cible 50-90 ng/mL), car le fer libre est pro-oxydant. La vitamine D, immunomodulatrice et précurseur du glutathion, à 2 000-4 000 UI par jour.

Curtay résume : « 100 % des femmes en âge de procréer manquent de magnésium, de vitamine B6, de zinc. » Ce ne sont pas mes chiffres. Ce sont les données épidémiologiques françaises.

L’alimentation comme premier levier

Avant tout comprimé, l’assiette. Réduire les oméga-6 excessifs : remplacer l’huile de tournesol par de l’huile d’olive (cuisson) et de l’huile de lin ou cameline (assaisonnement). Réduire les produits transformés, fritures, viennoiseries industrielles. Intégrer les crucifères quotidiennement (sulforaphane, DIM, I3C pour la détoxification hépatique des œstrogènes).

Le soutien hépatique par l’alimentation : artichaut, radis noir, curcuma, gingembre. La décoction gingembre-romarin du matin cumule un effet hépatoprotecteur et anti-inflammatoire. Le gingembre est aussi efficace que l’ibuprofène dans les études cliniques sur la dysménorrhée primaire. Le curcuma cible les cyclo-oxygénases COX-2, exactement le même mécanisme que l’ibuprofène, mais sans effet secondaire gastrique.

Le jeûne intermittent, en allongeant la fenêtre de repos digestif, donne au foie le temps de travailler sur la détoxification hormonale. Je repense à Marion (prénom modifié), 34 ans, alimentation essentiellement pâtes, pain blanc, yaourts, viande industrielle. Trois mois de correction alimentaire (oméga-3, crucifères, réduction des transformés, jeûne intermittent) et ses douleurs avaient diminué de moitié. Sans le moindre comprimé.

Le protocole phytothérapique par phase du cycle

C’est un protocole que j’ai repris des travaux de Rina Nissim, sage-femme suisse auteure de Mamamelis, une référence en phytothérapie gynécologique. Adapter les plantes à chaque phase du cycle hormonal.

Phase folliculaire (première phase) : on traite le terrain. Teintures mères de cassis, framboisier, prêle et ronces, à quantités égales, 2 fois 40 gouttes par jour. Soutien surrénalien, tonification utérine, reminéralisation, drainage.

Phase lutéale (deuxième phase) : stratégie progestérone-like. Teintures mères de grémil, alchémille, achillée et gattilier, à quantités égales, 2 fois 80 gouttes par jour. Le gattilier (Vitex agnus-castus) agit sur l’axe hypothalamo-hypophysaire en favorisant la sécrétion de LH, soutenant la production de progestérone par le corps jaune. L’alchémille est progestérone-like. Le grémil freine la production excessive d’œstrogènes. L’achillée est antispasmodique.

Pendant les règles : on cible la douleur. Bouillotte chaude sur le bas-ventre. Mélange calmant de piscidia, gelsemium et pareira brava (3 gouttes, antispasmodiques puissants). Mélange vasculaire d’hamamélis, consoude et primevère (10 gouttes). Framboisier à 50 gouttes trois fois par jour pour revasculariser le petit bassin.

Les résultats rapportés par Rina Nissim sont éloquents. Sur un cas d’endométriose : douleurs présentes sept jours au premier cycle, quatre jours au deuxième, quelques heures au troisième, disparition complète au quatrième. Ce n’est pas de la magie. C’est du travail de terrain, méthodique, patient.

Les anti-inflammatoires naturels validés par la science

Les leviers d'action contre les douleurs menstruelles

La curcumine (500 à 1 500 mg/jour avec pipérine) inhibe le NF-kB, le TNF-alpha, l’IL-6 et la COX-2. Même cible que l’ibuprofène, mais elle protège la muqueuse digestive au lieu de l’attaquer. Les oméga-3 EPA/DHA (1,5 à 3 g/jour) diminuent l’IL-6 et le TNF-alpha tout en produisant des résolvines. Le gingembre (1 à 2 g/jour) s’est révélé aussi efficace que l’ibuprofène. Le magnésium (200 à 400 mg/jour). La vitamine D3 (1 000 à 4 000 UI/jour). La quercétine et la boswellia serrata complètent au cas par cas.

L’hydrotherapie de Salmanoff occupe une place importante. La bouillotte chaude sur le foie chaque soir (20 minutes) active la circulation hépatique. Les bains de siège chauds (38-40°C, 15 minutes) décongestionnent le petit bassin. Le cataplasme d’argile verte sur le bas-ventre est un soutien précieux.

« Le bain d’eau chaude est le plus ancien des remèdes et le plus souvent oublié. Il décongestionne, il revascularise, il répare. » Dr Alexandre Salmanoff

L’activité physique pendant les règles (marche de 30 minutes, yoga doux) stimule la circulation pelvienne, libère des endorphines et abaisse le cortisol. Moins de cortisol, moins de vol de prégnénolone, plus de progestérone disponible.

Ce que l’ibuprofène ne réglera jamais

Les AINS bloquent les enzymes COX-1 et COX-2 sans discrimination. La COX-2 produit les prostaglandines inflammatoires. Mais la COX-1 produit aussi des prostaglandines protectrices de la muqueuse gastrique. Les bloquer toutes les deux, c’est éteindre l’alarme incendie au lieu d’éteindre le feu. L’ironie : les AINS augmentent la perméabilité intestinale, ce qui favorise l’inflammation systémique et la recirculation des œstrogènes. Le médicament qui calme la douleur ce mois-ci aggrave potentiellement le terrain le mois suivant.

La pilule supprime l’ovulation et amincit l’endomètre. Mais elle ne résout rien. Elle masque le déséquilibre. Et à l’arrêt, les problèmes reviennent souvent en pire, enrichis d’une carence en B6 et d’une résistance à l’insuline. L’ibuprofène pris ponctuellement peut sauver une journée. Mais il ne faut pas confondre la béquille et la guérison. On ne guérit pas une douleur en coupant le fil du signal d’alarme.

Attention : l’endométriose, les fibromes utérins, l’adénomyose ne relèvent pas de la naturopathie seule. Ce sont des pathologies qui méritent un diagnostic précis et un suivi spécialisé. La naturopathie accompagne, soutient, améliore le terrain, mais ne se substitue pas à la médecine quand c’est nécessaire.

Tes règles douloureuses ne sont pas une fatalité. Ce sont un signal. Ton corps te dit que quelque chose ne va pas dans son environnement : les nutriments, les hormones, la digestion, le stress, l’alimentation. Écoute ce signal. Comprends-le. Et ajuste. Les résultats, souvent, sont spectaculaires.

« La Santé se renforce par l’hygiène vitale, et la maladie se “guérit” de la même façon. La médication est un trucage physiologique. » Pierre-Valentin Marchesseau

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je des règles si douloureuses ?

Les douleurs menstruelles sont causées par un déséquilibre des prostaglandines : trop de PGE2 pro-inflammatoires (issues des oméga-6) et pas assez de PGE1/PGE3 anti-inflammatoires (issues des oméga-3). Ce déséquilibre est aggravé par les carences en magnésium, zinc et B6, la dominance œstrogénique, un foie congestionné et la dysbiose intestinale.

Les oméga-3 peuvent-ils réduire les douleurs de règles ?

Oui. L'EPA est le précurseur direct des prostaglandines PGE3, anti-inflammatoires et myorelaxantes pour le muscle utérin. Des études montrent qu'une supplémentation de 1,5 à 3 g d'EPA+DHA par jour réduit significativement les douleurs. Le ratio oméga-6/oméga-3 idéal est de 1/3, contre 20/1 dans l'alimentation moderne.

Quel est le rôle du foie dans les règles douloureuses ?

Le foie est l'organe central de la détoxification des œstrogènes. Quand il est congestionné, les œstrogènes ne sont plus correctement éliminés et repassent dans la circulation, aggravant la dominance œstrogénique. Les crucifères (brocoli, chou kale) et la décoction gingembre-romarin soutiennent cette détoxification.

Le gattilier est-il efficace contre les douleurs menstruelles ?

Le gattilier (Vitex agnus-castus) agit sur l'axe hypothalamo-hypophysaire en favorisant la sécrétion de LH, ce qui soutient la production de progestérone par le corps jaune. C'est la plante la plus étudiée pour les troubles du cycle. Le protocole Rina Nissim l'utilise en phase lutéale à 80 gouttes deux fois par jour.

La pilule guérit-elle les règles douloureuses ?

Non. La pilule supprime l'ovulation et amincit l'endomètre, réduisant mécaniquement les douleurs. Mais elle ne corrige pas le déséquilibre sous-jacent. À l'arrêt, les problèmes reviennent souvent en pire, aggravés par les carences en B6, zinc et magnésium induites par les œstrogènes de synthèse.

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