Tu te sens épuisé sans raison, tu dors mal, tes articulations te rappellent chaque matin que quelque chose coince, et les compléments antioxydants que tu avales depuis des mois ne changent pas grand-chose ? Et si le problème n’était pas ce qui te manque dans l’assiette, mais ce qui te manque sous les pieds ? Ton corps est fait de 99,99 % de vide, et ce vide obéit à des lois électriques et magnétiques. Le jour où tu as enfilé des semelles en caoutchouc, tu as coupé le fil qui te reliait à la plus grande source d’électrons libres de la planète.
J’ai reçu Sébastien Peyrol, fondateur d’Inalterra et spécialiste de la connexion à la terre, pour une conversation qui va bousculer ta vision de la santé. On a parlé d’inflammation, d’électrons, de stress oxydant, de thyroïde, et surtout de ce besoin inhérent au vivant que la médecine moderne a complètement oublié.
Tu es fait de 99,99 % de vide, et ce vide a des règles
Je commence souvent mes consultations par cette image. Imagine que le noyau d’un atome fasse la taille de Notre-Dame de Paris. L’électron, lui, serait un grain de sable à Rome, à 1 200 kilomètres. Tout le reste, c’est du vide. Et ce vide n’est pas « rien ». Il est régi par des lois électriques et magnétiques qui garantissent l’intégrité de la structure de ton corps. C’est pour cette raison que les 10 techniques de la naturopathie incluent l’équilibre électrique et magnétique. Ce n’est pas un détail, c’est fondamental.
Quand on creuse plus loin, ce fameux 0,01 % de matière qui reste est composé non pas de 60 % d’eau comme on le répète partout (ce chiffre vient d’études des années 60 où l’on brûlait des organes pour mesurer), mais de 98 % d’eau si l’on compte atome par atome. L’eau est un conducteur électrique et magnétique. Le terrain nécessaire aux échanges électriques et magnétiques de tes cellules dépend entièrement de ton hygiène de vie. Lakhovsky avait montré que chaque cellule de notre corps fonctionne comme une petite antenne qui émet et reçoit. Tout ce qui émet et reçoit possède un pôle électrique et magnétique, et a besoin d’échanges équilibrés avec son milieu extérieur. Nous sommes des antennes vivantes.
Depuis quand sommes-nous déconnectés ?
Le corps a évolué pendant des milliers d’années pieds nus, en contact avec la terre, dans les champs, sur le sable. Comme le rappelle Sébastien, c’est dans les années 30 à 60 que les semelles en caoutchouc se sont glissées sous nos pieds. Et ce petit changement anodin a eu une conséquence que personne n’a anticipée : il a isolé un corps bioélectrique du champ électromagnétique terrestre.
Pendant des millions d’années, le stress oxydatif produit par l’effort physique des chasseurs-cueilleurs était rééquilibré naturellement par la connexion à la terre. Ils couraient, ils chassaient, l’oxydation augmentait, et les électrons captés par le contact avec le sol venaient neutraliser les radicaux libres. Aujourd’hui, on cherche désespérément ces électrons dans le curcuma, les myrtilles et les compléments alimentaires, alors que la première source d’antioxydants de tous les êtres vivants sur terre, plantes et animaux réunis, c’est la terre elle-même.
Les chiffres qui parlent
J’avais fait mes devoirs avant cet entretien. Voici ce que la science dit, études à l’appui, toutes publiées sur des plateformes reconnues par les pairs.
Sur l’inflammation, une étude d’Oschman, Chevalier et Brown publiée dans le Journal of Inflammation Research (2015) montre une réduction de 35 % de l’inflammation locale en seulement 120 minutes de connexion à la terre, avec une baisse immédiate de la CRP locale, une réduction des leucocytes dans les zones inflammatoires, et une meilleure perfusion capillaire autour des blessures. Sur le sommeil, Ghaly et Teplitz dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine (2004) rapportent que 82 % des participants constatent un meilleur sommeil après 6 semaines, avec un cycle de cortisol normalisé chez 11 sujets sur 12. Sur la douleur chronique, Brown et Chevalier dans European Biology and Bioelectromagnetics (2010) montrent une réduction de 31 % de la douleur en moyenne. 31 % sur des fibromyalgiques qui évaluaient leur douleur à 8 sur 10, ça change la donne.
La viscosité sanguine est peut-être l’indicateur le plus spectaculaire. Chevalier, dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine (2013), a mesuré une amélioration de 270 % du temps d’agrégation des hématies après seulement 2 heures de grounding. Pour ceux qui ont des problématiques cardiovasculaires, de l’hypertension, de la lourdeur circulatoire, ce chiffre doit résonner. Le cœur est un muscle, et plus le sang est fluide, plus il travaille facilement, plus il dure longtemps.
Sur le système nerveux autonome, on observe une augmentation de 56 % de la variabilité cardiaque (HRV) après 20 minutes de grounding, avec une augmentation du tonus vagal et une diminution de l’activité sympathique. Les sujets basculent en mode récupération. Même l’effet antistress est mesurable dès 4 secondes : baisse immédiate des tensions musculaires faciales et modification des ondes cérébrales.
Antioxydants, radicaux libres et connexion à la terre
Quand tu consommes des antioxydants, tu donnes à ton corps des atomes qui possèdent des électrons « en surplus » pour neutraliser les réactions radicalaires en chaîne qui accélèrent le vieillissement. C’est la théorie d’Harman. Mais avant de courir après les compléments, posons la question autrement. Quelle est la première source d’électrons libres disponible pour tout être vivant ? La terre sous tes pieds.
Ce que Sébastien explique très bien, c’est le lien entre l’exposition aux ondes électromagnétiques et le stress oxydatif. Les ondes arrachent des électrons aux molécules cellulaires, créant des radicaux libres. La connexion à la terre permet de capter des ions négatifs qui viennent rééquilibrer ce stress. Ce n’est pas une protection contre les ondes, c’est un rééquilibrage du déséquilibre qu’elles provoquent.
Et c’est là que la bioélectronique de Vincent devient passionnante dans ce contexte. Quand on parle de terrain acide, on parle d’un milieu riche en protons avec un environnement magnétique positif. Quand on parle de manque de balance oxydative, on parle d’un milieu réduit, riche en électrons avec une polarité électrique négative. Ces qualités acidobasiques et oxydatives de nos liquides biologiques, urines, salive, sang, déterminent le terrain, la susceptibilité aux développements fongiques, aux maladies dégénératives. C’est la même logique que l’eau de ta piscine : si le pH et le potentiel redox ne sont pas équilibrés, les algues et les champignons prolifèrent. Ton corps fonctionne de la même façon.
La thyroïde et l’earthing : un mécanisme direct
Sur la thyroïde, il y a un mécanisme que je connais bien pour l’observer chez mes clients depuis plus de 400 consultations thyroïdiennes en deux ans. La thyroïde produit naturellement du H2O2 (peroxyde d’hydrogène) pour la synthèse des hormones thyroïdiennes. Ce H2O2 doit être neutralisé par nos antioxydants endogènes : la superoxyde dismutase, la catalase, le glutathion. Quand cette neutralisation est insuffisante, l’inflammation s’emballe localement, et c’est cette inflammation qui dérègle la protection immunitaire de la glande. C’est le mécanisme de fond des maladies auto-immunes thyroïdiennes comme Hashimoto.
La tante de Sébastien, traitée pour la thyroïde depuis 40 ans, a vu ses analyses changer significativement après avoir commencé la connexion à la terre. Son médecin, surpris, lui a demandé ce qu’elle avait modifié. Trois analyses consécutives ont confirmé la tendance, et la posologie de son traitement a été réduite. Ce n’est pas une étude randomisée, c’est de l’empirisme. Mais quand tu observes un phénomène reproductible, tu commences à comprendre.
Et il y a un autre élément que les travaux de Jean Du Chazaud éclairent. Le profil psychologique du thyroïdien, c’est quelqu’un d’intérieur. Sur plus de 400 clients thyroïdiens en deux ans, le constat est systématique : ce sont des êtres qui aiment être chez eux, qui intériorisent, qui passent l’essentiel de leur semaine à l’intérieur. Ils sont déconnectés de la terre presque en permanence.
« La santé est un art botanique »
J’aime cette phrase de Rudolf Steiner que j’ai partagée avec Sébastien pendant notre échange. Prenez ce cactus dans mon appartement à Lyon. À première vue, il a l’air beau. Mais si on le regarde de près, on voit des petites pointes noires, l’œil qui blanchit. Ce cactus a un cahier des charges qui lui est propre. Et ce cahier des charges n’est pas que de la chaleur, de l’eau et des nutriments. Il est aussi électrique, magnétique, lumineux. Si je veux faire de la santé, j’ai beau lui mettre de l’engrais, de l’eau, un plus gros pot, il sera toujours déconnecté de la terre, toujours dans un environnement complètement artificiel. Comme la majorité d’entre nous.
La seule solution, c’est de le replanter dans son milieu naturel. Je prends un avion pour les Canaries, je le replante, je reviens un an après : c’est le plus beau des cactus. Voilà, en une minute, vous avez compris la grande histoire de la naturopathie et de la philosophie d’Hippocrate. On travaille dans le sens de la nature en donnant à ta propre nature les outils dont elle a besoin.
Hygiénisme contre naturopathie : la question des outils
Il y a une distinction importante que je fais souvent entre l’hygiénisme et la naturopathie. L’hygiéniste dit qu’il faut des outils naturels pour répondre à des besoins naturels. C’est vrai. Mais est-ce que tu peux, avec 8 heures de travail, des enfants à charge, une vie d’appartement, aller marcher 8 heures par jour pieds nus ? Pas sûr. Le naturopathe utilise des outils naturels et, à défaut, des outils artificiels pour répondre à des besoins naturels. C’est la grande différence de pratique. Exactement la même logique que les compléments alimentaires : ça ne remplacera jamais l’aliment, mais c’est mieux que rien.
Comme Sébastien le dit, ce sont des « pansements ». Des ersatz de nature qui permettent quand même au corps de fonctionner dans une certaine normalité. Moi, j’ai un tapis de mise à la terre sous mon bureau pendant 8 heures, le même la nuit, et des chaussures conductrices pour la randonnée le weekend. On voudrait tous aller vivre pieds nus sur une plage au Brésil. En attendant, on fait avec ce qu’on a, et c’est toujours mieux que ne rien faire.
Trois conseils concrets pour commencer
Le premier conseil, c’est Hippocrate : d’abord ne pas nuire. Fais le tour de ta maison. Ton téléphone en charge sur la table de nuit, la multiprise sous le lit, la lampe de chevet, le radio-réveil, la télévision en veille. Chaque appareil branché dans le mur ouvre un robinet d’ondes. Débranche tout le soir. Au bout d’une semaine, ton sommeil aura changé. Sébastien a fait des vidéos gratuites sur antihonde.fr et inalterra.fr qui montrent exactement comment procéder, avec des appareils de mesure très simples.
Le deuxième conseil, c’est ce que George Rouet prescrivait à ses petits « Bordelais citadins » : un bain d’air chaque weekend. Programme-le sur ton planning. Avec des amis, ta famille, peu importe. Si tu ne le programmes pas, tu ne le feras pas. On ne peut progresser que dans les domaines que l’on peut mesurer et anticiper. C’était déjà la logique des sanatoriums de 1850, quand la seule façon de sauver les tuberculeux était de les mettre en pleine nature avec du repos, de l’hydrothérapie, du soleil et de l’air pur.
Le troisième conseil est le plus simple : agis dans le sens de la nature. Des outils naturels d’abord (marcher dehors, lumière, soleil, mer). Des outils artificiels ensuite si nécessaire (tapis de mise à la terre, taie d’oreiller conductrice à 40 euros, coussin à 40 euros). C’est un investissement modeste pour 8 à 16 heures de connexion quotidienne. Et si tu n’as pas le budget, marcher pieds nus dans l’herbe 15 minutes par jour, c’est gratuit.
Quand consulter un professionnel ?
L’earthing ne remplace pas un suivi médical. Si tu souffres de douleurs chroniques inexpliquées, de troubles thyroïdiens, de fatigue surrénalienne sévère ou de pathologies auto-immunes, consulte d’abord ton médecin. La connexion à la terre est un outil complémentaire qui s’inscrit dans une démarche globale d’hygiène de vie. Elle ne dispense en aucun cas d’un diagnostic médical ni d’un traitement adapté.
L’environnement électrique et magnétique était considéré comme une technique « mineure » en naturopathie, à l’époque où tout le monde vivait dehors avant les années 50. Aujourd’hui, vu l’implication sur le terrain que je constate en cabinet, je considère que c’est devenu une technique majeure. Rappelle-toi : 99,99 % de vide composent tes atomes, et ce vide obéit à des règles électriques et magnétiques. Ce n’est pas pour rien que tu es là.
Retrouvez Sébastien Peyrol sur inalterra.fr et antihonde.fr. Les études citées sont disponibles sur PubMed et sur le site de l’Earthing Institute.
Références
- Oschman, James L., Gaétan Chevalier, and Richard Brown. “The Effects of Grounding (Earthing) on Inflammation, the Immune Response, Wound Healing, and Prevention and Treatment of Chronic Inflammatory and Autoimmune Diseases.” Journal of Inflammation Research 8 (2015): 83–96.
- Ghaly, Maurice, and Dale Teplitz. “The Biologic Effects of Grounding the Human Body During Sleep as Measured by Cortisol Levels and Subjective Reporting of Sleep, Pain, and Stress.” Journal of Alternative and Complementary Medicine 10, no. 5 (2004): 767–776.
- Chevalier, Gaétan. “Grounding the Human Body Improves Blood Viscosity—A Major Factor in Cardiovascular Disease.” Journal of Alternative and Complementary Medicine 19, no. 2 (2013): 102–110.
- Sinatra, Stephen T., et al. “Earthing: Health Implications of Reconnecting the Human Body to the Earth’s Surface Electrons.” Journal of Environmental and Public Health (2012).
- Steiner, Rudolf. Cours aux agriculteurs. Dornach : Rudolf Steiner Verlag, 1924.
- Vincent, Louis-Claude. Bioélectronique Vincent. Paris : Le François, 1960.
- Lakhovsky, Georges. Le Secret de la vie. Paris : Gauthier-Villars, 1929.
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