Bien-être · · 19 min de lecture · Mis à jour le

Naturopathie de printemps : le renouveau qui reveille ton corps

Le printemps en naturopathie : detox douce du foie, plantes sauvages, graines germees et energie montante. Le guide complet pour accompagner le renouveau.

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François Benavente

Naturopathe certifié

Ce matin de mars, en descendant le boulevard de Belleville, j’ai vu les premières orties percer le bitume au pied d’un platane. Des pousses d’un vert presque insolent, tendres, vibrantes, qui n’attendaient que trois jours de douceur pour s’installer. Je me suis arrêté. Un passant pressé m’a contourné sans comprendre ce qu’un homme pouvait bien trouver de fascinant dans une touffe de mauvaise herbe. Mais cette touffe, c’est le printemps. C’est le signal. Celui que la naturopathie observe depuis des siècles pour accompagner le renouveau du corps humain.

La nature ne ment jamais. Quand les bourgeons gonflent, quand la sève monte dans les troncs, quand les premières pousses percent la terre, c’est que l’énergie remonte aussi dans ton organisme. L’hiver t’a mis au ralenti. Ton métabolisme s’est économisé. Tes émonctoires ont accumulé les surcharges des mois froids, des repas plus lourds, des soirées plus sédentaires. Et maintenant, comme l’arbre qui se remet à circuler, ton corps cherche à se remettre en mouvement, à éliminer, à se régénérer. Le naturopathe ne fait rien d’autre que lire ce que la nature lui montre et en tirer les conséquences pour accompagner ses consultants. Et le printemps, en naturopathie, c’est la saison la plus riche, la plus généreuse, la plus propice au changement.

Le printemps selon le Dr Bonnejoy : quand la vie recommence

Le Dr Bonnejoy, dans son travail sur l’alimentation saisonnière et le calendrier des productions naturelles, écrivait cette phrase qui résume tout l’esprit du printemps naturopathique :

« La où un cycle passe, un autre se présente avec son lot de lumière, de jeunes pousses, de fruits, propice au renouvellement de la vie. »

Cette phrase n’est pas une simple poésie de saison. C’est un programme. Le passage de l’hiver au printemps n’est pas un événement anodin pour l’organisme. C’est une transition biologique profonde, comparable à ce que vit la graine quand elle sort de dormance. L’hiver est le temps de la contraction, de l’économie, du repli. Le printemps est le temps de l’expansion, de la dépense, du renouveau. Et cette transition, si elle n’est pas accompagnée, peut être source de fatigue, de troubles digestifs, d’allergies, de maux de tête, de cette sensation diffuse de ne pas être « en forme » alors que tout le monde semble revivre autour de toi.

Bonnejoy avait codifié un calendrier des fruits et légumes de saison d’une précision remarquable. Dès le mois de mars, la nature offre ses premières récoltes : les jeunes pousses d’orties, les feuilles de pissenlit, les racines de salsifis encore en terre depuis l’automne. Ce ne sont pas des aliments de luxe. Ce sont des aliments de terrain, ceux que nos ancêtres cueillaient en sortant de l’hiver pour refaire leurs réserves minérales. L’ortie à elle seule est un concentré de fer, de silice, de magnésium et de chlorophylle. Le pissenlit, dont le nom populaire « pisse-en-lit » dit tout de sa puissance diurétique, est un draineur hépatique et rénal de première intention.

En avril, le calendrier s’enrichit. Les choux de Bruxelles terminent leur saison. Les épinards de printemps, bien plus tendres et sucrés que leurs cousins d’automne, apparaissent sur les étals. Les pousses de houblon, délicatesse oubliée, se récoltent dans les haies champêtres. En mai, c’est l’explosion : les asperges, les choux-fleurs, les pommes de terre nouvelles, les radis roses, les premières fraises. Chaque mois apporte ses trésors, et chacun de ces trésors correspond à un besoin précis de l’organisme à ce moment de l’année.

Bonnejoy mettait en garde contre un piège moderne qui n’existait pas à son époque mais qui s’est généralisé depuis : la culture sous serre et l’hydroponique. Une tomate de serre en mars n’est pas un aliment de printemps. C’est un produit industriel qui porte le nom d’un légume. Elle a poussé sous lumière artificielle, dans un substrat inerte, nourrie de solutions minérales calibrées. Son contenu en vitamines, en polyphénols, en composés aromatiques est une fraction de celui d’une tomate mûrie au soleil d’août. Le naturopathe lit les saisons. Il ne mange pas des calendriers marketing. Il mange ce que la terre donne, quand elle le donne. C’est l’un des fondements de la bromatologie selon Marchesseau, cette science de l’alimentation adaptée au terrain et au rythme naturel.

Le foie, organe du printemps

En médecine traditionnelle chinoise, chaque saison est associée à un organe. L’hiver appartient aux reins. L’été au coeur. L’automne aux poumons. Et le printemps, c’est le foie. Cette correspondance n’est pas une abstraction philosophique. Elle traduit une réalité physiologique observable : le foie est plus actif au printemps. Son travail de filtration, de transformation, de neutralisation des toxines s’intensifie naturellement à mesure que l’organisme se remet en mouvement après les mois froids.

Le foie est l’organe le plus volumineux du corps humain. Il pèse environ un kilo et demi. Il filtre un litre et demi de sang par minute. Il assure plus de cinq cents fonctions métaboliques distinctes. Parmi elles, la détoxification est sans doute la plus critique au printemps. Le foie neutralise les toxines en deux phases. La phase I, portée par les cytochromes P450, transforme les substances toxiques liposolubles en métabolites intermédiaires, souvent plus réactifs que les toxines d’origine. La phase II conjugue ces métabolites avec des molécules de transport (glutathion, glycine, sulfate, acide glucuronique) pour les rendre hydrosolubles et donc éliminables par les reins et la bile. Si la phase I tourne trop vite par rapport à la phase II, les métabolites intermédiaires s’accumulent et créent un stress oxydatif. C’est le piège classique de la « détox » mal conduite, celle que je décris en détail dans mon article sur les 3 cures de Marchesseau.

Marchesseau avait structuré l’accompagnement naturopathique autour de trois cures successives : la cure de désintoxication, la cure de revitalisation et la cure de stabilisation. Le printemps est la saison idéale pour la première, à condition que la vitalité soit suffisante. Un organisme épuisé par l’hiver, carencé, stressé, ne doit pas être jeté dans une détox agressive. Il faut d’abord le nourrir, le recharger, s’assurer que ses émonctoires sont capables de traiter ce qu’on va leur envoyer. C’est toute la sagesse de la naturopathie orthodoxe : ne jamais dissocier la détoxination de la revitalisation.

Les plantes hépatiques du printemps sont des alliées précieuses pour soutenir le foie dans son travail saisonnier. Le radis noir stimule la production de bile et facilite la vidange de la vésicule biliaire. Son action cholérétique et cholagogue en fait un draineur hépatique puissant, mais parfois trop puissant pour les foies très engorgés. L’artichaut, plus doux, protège les hépatocytes tout en stimulant la sécrétion biliaire grâce à la cynarine. Le pissenlit agit sur le foie par ses racines et sur les reins par ses feuilles, ce qui en fait un draineur à double sortie, hépato-rénal. Et le bouleau, dont la sève coule précisément au printemps quand on entaille l’écorce, offre un drainage doux, minéralisant, qui respecte les organismes fragiles.

Mais le foie ne travaille pas seul. Il a besoin de cofacteurs : du zinc, du magnésium, des vitamines B (notamment B6 et B12), du glutathion, de la glycine, du soufre. Sans ces matériaux, les phases de détoxification tournent au ralenti. C’est la notion de terrain chère à la naturopathie : un organe ne fonctionne jamais isolément. Il fonctionne dans un écosystème, et c’est l’écosystème tout entier qu’il faut nourrir.

Les plantes sauvages du renouveau

Quand j’étais gamin, ma grand-mère cueillait les orties avec des gants de jardinage et en faisait une soupe épaisse, presque noire de chlorophylle, qu’elle servait avec un filet d’huile d’olive et une gousse d’ail écrasée. Je trouvais ça infâme. Aujourd’hui, c’est l’une des premières choses que je prépare dès que mars arrive. Parce que l’ortie est probablement la plante sauvage la plus complète que le printemps nous offre.

L’ortie (Urtica dioica) est un concentré de minéraux. Elle contient du fer sous forme biodisponible, de la silice qui nourrit les cheveux, les ongles et le tissu conjonctif, du magnésium, du calcium, du potassium, des vitamines A, C, K et un spectre complet de vitamines B. Sa richesse en chlorophylle en fait un puissant alcalinisant, capable de tamponner l’acidose tissulaire accumulée pendant l’hiver. Son action anti-inflammatoire est documentée : elle inhibe les cytokines pro-inflammatoires et module la réponse immunitaire. En infusion, en soupe, en jus frais ou simplement blanchie trente secondes à l’eau bouillante pour neutraliser ses poils urticants, l’ortie est la reine incontestée du printemps naturopathique.

Le pissenlit (Taraxacum officinale) est l’autre grand classique. Ses feuilles, récoltées jeunes avant la floraison, se mangent en salade. Leur amertume stimule la production de bile et active la digestion. Ses racines, séchées et décoctions, sont un draineur hépatique de première intention. Le pissenlit est aussi un diurétique puissant, d’où son nom populaire. Mais contrairement aux diurétiques de synthèse, il ne provoque pas de fuite potassique parce qu’il contient lui-même du potassium en quantité importante. C’est la différence fondamentale entre une plante et un médicament : la plante apporte le remède et l’antidote dans le même flacon.

Le bouleau (Betula pendula) offre sa sève au printemps, pendant une fenêtre de quelques semaines seulement, entre mi-février et mi-avril selon les régions. Cette sève est un liquide clair, légèrement sucré, qui contient des minéraux (potassium, calcium, magnésium, manganèse), des acides aminés, des sucres simples (fructose, glucose) et de l’acide bétulinique aux propriétés anti-inflammatoires. En cure de trois semaines, à raison d’un verre le matin à jeun, la sève de bouleau draine en douceur le foie et les reins sans fatiguer l’organisme. C’est la cure idéale pour les personnes à faible vitalité qui ne supportent pas les draineurs hépatiques puissants.

Le cresson (Nasturtium officinale), que l’on trouve en abondance le long des ruisseaux dès la fin février, est une bombe de vitamine C et de fer. Son goût piquant, dû aux glucosinolates (les mêmes molécules que dans le brocoli et le chou), signe sa puissance antioxydante. Le cresson fait partie de la famille des Brassicacées, ces crucifères dont les composés soufrés soutiennent la phase II de la détoxification hépatique.

Schema des piliers naturopathiques du printemps

La cueillette sauvage impose des règles strictes. Ne cueille jamais à moins de deux cents mètres d’une route à forte circulation. Évite les abords des champs cultivés en conventionnel : les pesticides se déposent sur les feuilles et dans la terre sur plusieurs dizaines de mètres. Ne cueille pas dans les parcs publics traités aux herbicides. Apprends à identifier les plantes avec certitude avant de les consommer : la confusion entre l’ail des ours et le muguet, par exemple, peut être mortelle. En cas de doute, abstiens-toi. Et ne cueille jamais plus que ce dont tu as besoin. La nature est généreuse, mais elle n’est pas inépuisable.

Graines germées : la vitalité concentrée

Ann Wigmore, cette pionnière américaine de l’alimentation vivante, avait fait de la germination le pilier central de son approche thérapeutique. Dans son centre Hippocrate de Boston, elle accueillait des malades en errance médicale et leur proposait un programme radical : graines germées, jus d’herbe de blé, alimentation crue. Les résultats qu’elle observait, et que des milliers de patients ont confirmés depuis, tiennent en un mécanisme biochimique d’une élégance remarquable que je détaille dans mon article sur Ann Wigmore et l’alimentation vivante.

La germination est une digestion externalisée. Quand tu trempes une graine dans l’eau pendant huit à douze heures, puis que tu la rinces deux fois par jour en la maintenant humide et au chaud, tu recréées les conditions printanières. La graine sort de dormance. Ses inhibiteurs enzymatiques sont neutralisés. Les lipases découpent les graisses en acides gras. Les protéases découpent les protéines en acides aminés. Les amylases transforment les amidons en sucres simples. En quarante-huit à soixante-douze heures, la graine multiplie spectaculairement sa teneur en nutriments. L’avoine germée cinq jours contient deux cents fois plus de vitamine B1 que l’avoine sèche. L’alfalfa germée trois jours contient six fois plus de magnésium que les épinards et quinze fois plus de calcium que le lait. Ce ne sont pas des approximations. Ce sont des mesures de laboratoire, reproductibles, documentées.

Le printemps est le moment idéal pour commencer la germination chez toi, parce que la température ambiante de ton logement, entre dix-huit et vingt-deux degrés, correspond exactement aux conditions optimales de germination. En hiver, c’est souvent trop froid. En été, trop chaud, et les risques de fermentation augmentent. Le printemps offre l’équilibre parfait.

Pour débuter, prends un bocal en verre d’un litre. Couvre l’ouverture avec un morceau de gaze ou un filet à mailles fines, maintenu par un élastique. Verse deux cuillères à soupe de graines d’alfalfa dans le bocal. Couvre d’eau tiède. Laisse tremper une nuit. Le matin, vide l’eau, rince les graines, retourne le bocal incliné dans un égouttoir pour permettre à l’excès d’eau de s’écouler tout en laissant l’air circuler. Rince deux fois par jour, matin et soir. En trois à cinq jours, tu auras une touffe de pousses vertes, croquantes, pleines de vie. Ajoute-les sur tes salades, tes tartines, tes soupes en fin de cuisson. C’est un geste simple qui transforme la densité nutritionnelle de tes repas.

Les lentilles germées sont les plus rapides : vingt-quatre à quarante-huit heures suffisent. Le fenugrec, au goût légèrement épicé, est un excellent draineur hépatique germé. Le tournesol décortiqué donne des pousses grasses, riches en protéines complètes, avec un aminogramme parmi les plus équilibrés du règne végétal. Wigmore considérait les graines de tournesol germées comme un aliment complet, capable de nourrir un être humain à lui seul. C’est une exagération pédagogique, mais elle traduit une réalité nutritionnelle mesurable : vingt-trois pour cent de protéines, des acides gras essentiels, des vitamines E et du groupe B, du zinc, du fer, du magnésium. Tout ça dans une graine qui coûte quelques centimes et qui ne demande qu’un bocal et de l’eau.

L’énergie montante : bouger, respirer, s’ouvrir

Le printemps est une saison ascendante. L’énergie monte. Les jours rallongent. La lumière gagne chaque jour quelques minutes sur l’obscurité. Et ton corps le sent, même si tu ne le formules pas. Cette envie de sortir, de marcher, de bouger, d’ouvrir les fenêtres, ce n’est pas un caprice. C’est une réponse physiologique à l’augmentation de la luminosité et de la température.

La lumière naturelle est un médicament que personne ne prescrit. Quand la rétine capte les photons du spectre bleu-vert présents dans la lumière du jour, elle envoie un signal au noyau suprachiasmatique de l’hypothalamus, l’horloge biologique centrale. Ce signal supprime la production de mélatonine (l’hormone du sommeil) et stimule la production de sérotonine, le neurotransmetteur du bien-être, de la motivation, de l’appétit régulé et du sommeil de qualité (puisque la mélatonine est fabriquée à partir de la sérotonine le soir). C’est pourquoi tant de personnes se sentent déprimées en hiver (le fameux trouble affectif saisonnier) et reviennent à la vie au printemps. Ce n’est pas psychologique. C’est biochimique. C’est la sérotonine qui remonte.

La vitamine D, cette hormone solaire que la peau synthétise sous l’effet des rayons UVB, recommence elle aussi à être produite au printemps, dès que l’indice UV dépasse 3 (en France, cela correspond grossièrement à la période d’avril à octobre). Après les mois d’hiver où les réserves se sont épuisées, cette reprise de synthèse est cruciale. La vitamine D est impliquée dans plus de deux cents gènes, dans la régulation immunitaire, dans l’absorption du calcium, dans la modulation de l’inflammation. Sa carence, qui touche plus de quatre-vingts pour cent de la population française en sortie d’hiver, est un facteur aggravant de presque toutes les pathologies chroniques que je vois en consultation.

Le mouvement amplifie tout. Trente minutes de marche en plein air au printemps, c’est à la fois de la lumière pour ta sérotonine, de l’exercice pour ta circulation lymphatique, de la respiration profonde pour ton système nerveux parasympathique, et du contact avec le vivant pour ton équilibre psychique. La lymphe, rappelons-le, ne possède pas de pompe propre. Elle circule grâce aux contractions musculaires et à la respiration thoracique. Un litre par vingt-quatre heures dans un corps sédentaire. Cinq à dix fois plus dans un corps qui bouge. La marche, le vélo, le jardinage, la natation en eau libre sont des activités idéales pour le printemps. Pas besoin de salle de sport. Pas besoin de programme sophistiqué. Sors. Marche. Respire. Le corps fait le reste.

Le contact pieds nus avec la terre, ce que les anglophones appellent grounding ou earthing, est un autre levier que la science commence à documenter. La surface terrestre porte une charge électrique négative. Quand tu poses tes pieds nus sur l’herbe, le sable ou la terre, des électrons libres remontent dans ton corps et neutralisent une partie des radicaux libres circulants. Les études préliminaires montrent des effets sur la viscosité sanguine, l’inflammation systémique, le cortisol salivaire et la variabilité cardiaque. Ce n’est pas de la mystique. C’est de l’électrophysiologie. Et le printemps, avec ses premières herbes tièdes, est le moment parfait pour renouer ce contact que l’hiver et les chaussures nous ont fait perdre.

Le calendrier des fruits et légumes de printemps

Bonnejoy avait dressé un calendrier précis de ce que chaque mois de printemps offre. Ce calendrier n’est pas une liste de courses. C’est un guide de synchronisation entre ton alimentation et le rythme de la terre.

En mars, la terre se réveille lentement. Les légumes disponibles sont encore ceux de la fin d’hiver, stockés ou cultivés en pleine terre : les choux (chou vert, chou frisé, chou rouge), les betteraves, les carottes de conservation, les poireaux, les navets. Mais les premières pousses sauvages apparaissent : les jeunes orties, dont les sommités tendres de dix centimètres sont les plus riches en minéraux, les feuilles de pissenlit avant la floraison, le cresson des ruisseaux, les premières pousses d’ail des ours dans les sous-bois humides. C’est le mois de la transition. On termine les réserves hivernales tout en accueillant les premiers cadeaux du renouveau.

En avril, la diversité augmente. Les choux de Bruxelles finissent leur course. Les épinards de printemps, semés en février, donnent leurs premières feuilles tendres. Les radis roses, les plus précoces des légumes racines de printemps, croquent sous la dent avec leur piquant caractéristique dû aux glucosinolates. Les jeunes oignons blancs, les cébettes, apparaissent. La roquette sauvage se récolte dans les friches. Les blettes reprennent. C’est le mois où le vert domine enfin l’assiette, après des mois de racines et de tubercules. Ton corps, qui a besoin de chlorophylle pour ses fonctions de détoxification et d’alcalinisation, reçoit exactement ce dont il a besoin, au moment où il en a besoin. Ce n’est pas un hasard. C’est la sagesse d’un système qui a eu des millions d’années pour s’ajuster.

En mai, c’est l’abondance. Les asperges, ces tiges gorgées d’asparagine diurétique, de folates et de prébiotiques (inuline), arrivent pour une saison courte et intense. Les choux-fleurs de printemps, plus doux que ceux d’automne, fournissent leurs composés soufrés hépatoprotecteurs. Les pommes de terre nouvelles, à la peau fine et à la chair fondante, sont plus digestes que les pommes de terre de conservation car elles contiennent moins de solanine et d’amidon résistant. Et les premières fraises, les vraies, celles de pleine terre qui ont mûri sous le soleil de mai, éclatent de vitamine C, de polyphénols et de flavonoïdes. Une fraise de mai contient en moyenne trois fois plus de vitamine C qu’une fraise de serre de janvier.

Bonnejoy insistait sur un point que la grande distribution a intérêt à nous faire oublier : un légume de saison, cultivé en pleine terre, sous le soleil, dans un sol vivant, contient incomparablement plus de nutriments qu’un légume de serre cultivé hors-sol. La tomate de serre hollandaise de mars n’a ni le goût, ni la couleur, ni la densité nutritionnelle d’une tomate provençale de juillet. Ce n’est pas du snobisme. C’est de la biochimie. Les polyphénols, les caroténoïdes, les glucosinolates, les terpènes, tous ces composés protecteurs sont synthétisés par la plante en réponse au stress lumineux, thermique et hydrique. Une plante qui pousse dans un environnement contrôlé, arrosée par goutte-à-goutte, chauffée par résistance, éclairée par LED, ne subit aucun stress. Elle ne produit donc qu’une fraction de ses composés protecteurs. Manger local et de saison, au printemps comme en toute saison, n’est pas une mode. C’est un acte de nutrition anti-inflammatoire fondamentale.

Et après le printemps ?

Le printemps n’est qu’un chapitre du cycle. Il ne se comprend pleinement que dans la continuité des saisons. L’hiver qui l’a précédé a préparé le terrain : le repos, la contraction, l’accumulation. Le printemps libère, draine, remet en mouvement. L’été qui suit va amplifier cette énergie, l’amener à son apogée avec l’abondance des fruits gorgés de soleil, la chaleur qui ouvre les pores et facilite l’élimination cutanée, la lumière qui maintient la sérotonine à son niveau optimal.

L’automne, quand il viendra, offrira la seconde fenêtre de détoxification de l’année. Car si le printemps est la grande saison de la cure hépatique, l’automne est celle de la cure pulmonaire et intestinale, ce moment où l’organisme se prépare à nouveau au repli hivernal en nettoyant ses voies respiratoires et son tube digestif. Les deux saisons de transition, printemps et automne, sont les deux poumons de la naturopathie saisonnière. Les deux moments où le corps est naturellement disposé à éliminer, à condition qu’on l’accompagne plutôt que de le contraindre.

Ce que le printemps t’enseigne, au fond, c’est la confiance dans le processus vital. Ton corps sait se nettoyer. Il sait se régénérer. Il sait reconnaître les aliments qui le nourrissent et ceux qui l’encrassent. Il suffit de lui donner les conditions : une alimentation de saison riche en végétaux frais et vivants, un foie soutenu par les plantes hépatiques du moment, un mouvement quotidien en plein air, un sommeil respecté, un contact avec la terre et la lumière. Le naturopathe n’invente rien. Il observe, il accompagne, il rappelle ce que le corps savait déjà avant que la vie moderne ne lui fasse tout oublier.

Pour découvrir comment l’été prolonge ce renouveau avec son abondance fruitière et sa vitalité solaire, lis mon article sur la naturopathie en été. Et si tu veux comprendre les fondamentaux qui sous-tendent toute cette approche saisonnière, les bases de la naturopathie te donneront le cadre complet : terrain, vitalisme, humorisme, les trois cures de Marchesseau et les dix techniques du naturopathe. Tu veux evaluer ton statut ? Fais le questionnaire toxemie acides gratuit en 2 minutes.

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Pour aller plus loin

Recette saine : Jus carotte-pissenlit : Le pissenlit : la plante detox du printemps.

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Chaque semaine, un enseignement de naturopathie orthodoxe, une recette de jus et des réflexions sur le terrain.

Questions fréquentes

01 Pourquoi le printemps est-il la meilleure saison pour une detox ?

Le printemps correspond a la remise en mouvement de l'organisme apres l'hiver. Le foie, organe de la detoxification, est naturellement plus actif a cette periode selon la medecine traditionnelle chinoise. C'est le moment ideal pour soutenir ses fonctions avec des plantes hepatiques comme le radis noir, l'artichaut ou le pissenlit. Pour en savoir plus sur les 3 cures de Marchesseau, consulte [mon article sur la detox de printemps](/articles/detox-de-printemps).

02 Quelles plantes sauvages cueillir au printemps ?

L'ortie est la reine du printemps : remineralisante, anti-inflammatoire et detoxifiante. Le pissenlit (feuilles et racines) stimule le foie et les reins. Le bouleau (seve ou feuilles) draine en douceur. Le cresson, riche en vitamine C et en fer, est un excellent allie. Cueille toujours loin des routes et des champs traites.

03 Comment integrer les graines germees au quotidien ?

Les graines germees sont des concentres de vitalite : enzymes, vitamines et mineraux sont demultiplies par la germination. Commence par les plus faciles (alfalfa, lentilles, tournesol) avec un simple bocal. Ajoute-les sur tes salades, soupes ou tartines. Ann Wigmore considerait la germination comme un pilier de [l'alimentation vivante](/articles/ann-wigmore-germination-alimentation-vivante-naturopathie).

04 Quels fruits et legumes privilegier au printemps ?

Selon le calendrier du Dr Bonnejoy, le printemps offre les asperges, epinards, radis, cresson et jeunes pousses d'orties des mars. En avril arrivent les choux de Bruxelles, les premiers oignons nouveaux et les epinards de printemps. Mai apporte les fraises, les choux-fleurs et les pommes de terre nouvelles. Privilegier le local et le frais.

05 Faut-il faire du sport au printemps ?

Le printemps est le moment ideal pour reprendre une activite physique reguliere apres le repos hivernal. L'energie montante de la saison accompagne naturellement le mouvement. Privilegier les activites en plein air (marche, velo, jardinage) pour profiter de la lumiere naturelle qui relance aussi la production de serotonine et de vitamine D.

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