Micronutrition · · 17 min de lecture · Mis à jour le

Cerveau et cognition : ce que la neurobiologie t'apprend sur la protection de tes neurones

Un naturopathe formé en neurobiologie fonctionnelle explique comment tes neurones communiquent, pourquoi la myéline, le transport axonal et les cellules.

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François Benavente

Naturopathe certifié

Il s’appelle Georges, il a 63 ans, et il vient me voir parce qu’il oublie les mots. Pas tous les mots. Juste ceux dont il a besoin au moment où il en a besoin. Le nom de sa voisine. Le titre du film qu’il a vu hier. Le code de sa carte bleue qu’il connaît depuis vingt ans. « C’est normal à mon âge, non ? » C’est la question la plus dangereuse en neurologie. Parce qu’on confond le vieillissement cognitif normal (ralentissement de la vitesse de traitement, difficulté à faire deux choses à la fois) avec les premiers signes d’un déclin pathologique. Et parce que ce déclin, dans la majorité des cas, n’est pas une fatalité génétique. C’est un terrain, un encrassage, un déficit nutritionnel qui dure depuis des années.

En France, 900 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer. 150 000 de la maladie de Parkinson. 100 000 de la sclérose en plaques1. Les maladies neurodégénératives sont en augmentation constante. Et la médecine, malgré des milliards investis, n’a toujours pas de traitement curatif. Pourquoi ? Parce qu’elle cherche le médicament qui va sauver les neurones alors que les neurones sont déjà morts. La question n’est pas comment réparer un cerveau dégénéré. C’est comment empêcher la dégénérescence en comprenant ce qui maintient les neurones en vie.

« L’homme devrait savoir que c’est du cerveau, et du cerveau seul, que viennent nos plaisirs, nos joies, nos rires, et aussi nos peines, nos douleurs, nos chagrins et nos larmes. » Hippocrate

Les cellules que tu ne connais pas : la glie

Quand on parle du cerveau, on parle des neurones. Mais les neurones ne représentent que 10 % des cellules cérébrales. Les 90 % restants sont des cellules gliales : astrocytes, oligodendrocytes et microglie2. Et ces cellules ne sont pas un simple « ciment » de soutien. Elles sont essentielles à chaque seconde de ta vie cognitive.

Les astrocytes sont les cellules les plus nombreuses du système nerveux central. Elles emplissent tous les espaces interneuronaux et remplissent des fonctions stupéfiantes3. Elles modulent la composition du liquide extracellulaire autour des neurones, maintenant un environnement ionique optimal pour la transmission nerveuse. Elles isolent les synapses pour empêcher les neurotransmetteurs de « fuir » vers les synapses voisines, garantissant la précision du signal. Elles constituent une composante majeure de la barrière hémato-encéphalique (BHE), cette frontière ultra-sélective qui filtre ce qui entre et sort du cerveau. Et elles nourrissent directement les neurones en leur fournissant du lactate, un carburant énergétique alternatif au glucose.

Les oligodendrocytes fabriquent la myéline, cette gaine isolante qui enveloppe les axones dans le système nerveux central4. La myéline est un enroulement membranaire extrêmement dense et riche en lipides (cholestérol, phospholipides, galactocérébrosides), dont la fluidité dépend directement du DHA. Elle crée des segments isolés le long de l’axone, interrompus par des intervalles nus appelés nœuds de Ranvier. C’est aux nœuds de Ranvier que se concentrent les canaux ioniques voltage-dépendants. Le signal nerveux « saute » d’un nœud à l’autre : c’est la conduction saltatoire, qui multiplie la vitesse de propagation par 100 par rapport à un axone non myélinisé. Sans myéline, la vitesse de pensée s’effondre. La sclérose en plaques est exactement cela : une destruction auto-immune de la myéline qui fragmente et ralentit les signaux nerveux.

La microglie est la police immunitaire du cerveau5. Ces cellules patrouillent en permanence, étendent et rétractent leurs ramifications pour scanner l’environnement neuronal. Quand elles détectent un signal de danger (lésion, infection, protéine mal repliée), elles s’activent, perdent leurs ramifications et adoptent une forme amiboïde pro-inflammatoire. Elles sécrètent des cytokines, phagocytent les débris cellulaires, et participent à la fois à la protection et à la destruction des neurones. C’est le paradoxe de la microglie : elle protège quand l’activation est aiguë et transitoire, mais elle détruit quand l’activation devient chronique. Et dans les maladies neurodégénératives, c’est l’activation chronique qui domine.

Le transport axonal : la logistique de tes neurones

Un motoneurone spinal a son corps cellulaire (soma) dans la moelle épinière et son axone qui descend jusqu’aux muscles du pied. Un mètre de long. Or, toutes les protéines, toutes les enzymes, toutes les mitochondries sont fabriquées dans le soma. Comment arrivent-elles à la terminaison synaptique, à un mètre de distance ? Par le transport axonal6.

Le transport antérograde (du soma vers les extrémités) est assuré par des protéines motrices appelées kinésines, qui « marchent » le long des microtubules en consommant de l’ATP. Elles transportent les mitochondries, les ARN messagers, les vésicules synaptiques et les composants membranaires vers la terminaison7. Le transport rétrograde (des extrémités vers le soma) est assuré par les dynéines. Elles ramènent les mitochondries usagées, les facteurs neurotrophiques (BDNF, NGF), les lysosomes et les signaux de survie vers le corps cellulaire.

Le transport axonal : du corps cellulaire à la synapse via les microtubules

Ce système logistique est d’une précision extraordinaire. Et il est d’une fragilité extraordinaire. Les microtubules sont des cylindres creux de tubuline, stabilisés par des protéines associées dont la plus célèbre est la protéine tau. Dans la maladie d’Alzheimer, la protéine tau est hyperphosphorylée, se détache des microtubules, s’agrège en amas insolubles appelés dégénérescences neurofibrillaires8. Les microtubules, privés de stabilisation, se désassemblent. Le transport axonal s’effondre. Les mitochondries ne sont plus acheminées. Les vésicules de neurotransmetteurs ne sont plus transportées. Le neurone meurt, asphyxié et isolé.

Ce n’est pas le seul mécanisme de neurodégénérescence lié au transport axonal. Dans les maladies de Charcot-Marie-Tooth (CMT), des mutations sur les kinésines (CMT2A) ou les neurofilaments (CMT2E) perturbent directement le transport. Dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA), la mutation de la SOD1 (superoxyde dismutase) altère à la fois le transport antérograde et rétrograde9. Dans tous les cas, le dénominateur commun est le même : le transport axonal dépend de l’ATP mitochondrial et de l’intégrité du cytosquelette. Protéger les mitochondries et stabiliser les microtubules, c’est protéger le transport axonal. C’est protéger la cognition.

Le glutamate, le magnésium et le piège de l’excitotoxicité

Le glutamate est le neurotransmetteur excitateur le plus abondant du cerveau. Il est indispensable à l’apprentissage, à la mémoire et à la plasticité synaptique. Mais en excès, il devient un tueur de neurones. C’est le concept d’excitotoxicité, décrit par Olney dans les années 197010.

Le récepteur NMDA (N-méthyl-D-aspartate) du glutamate est le récepteur clé de ce mécanisme. C’est un récepteur ionotropique multiligand : il nécessite à la fois le glutamate et la glycine pour s’ouvrir. Le canal est cationique : il laisse passer le calcium et le sodium11. Et c’est là que le magnésium entre en jeu. À l’état de repos, un ion magnésium est positionné dans le canal NMDA, bloquant le passage du calcium. C’est un bouchon protecteur. Quand la dépolarisation est suffisante (signal nerveux légitime), le magnésium est chassé du canal, le calcium entre brièvement, active les cascades de signalisation nécessaires à la mémorisation (potentialisation à long terme, LTP), puis le magnésium reprend sa place.

Si le magnésium est déficient, le canal NMDA s’ouvre trop facilement. Le calcium entre en excès, même en l’absence de signal nerveux légitime. Ce calcium excédentaire active des enzymes destructrices : protéases (qui digèrent les protéines du cytosquelette), lipases (qui détruisent les membranes), endonucléases (qui fragmentent l’ADN). Le neurone se détruit de l’intérieur. C’est l’excitotoxicité glutamatergique, un mécanisme central dans les AVC (l’ischémie provoque une libération massive de glutamate), l’épilepsie, et les maladies neurodégénératives12.

Le magnésium est donc littéralement un neuroprotecteur. Sa carence, endémique dans l’alimentation moderne (sols appauvris, raffinage des céréales, stress chronique qui augmente les pertes urinaires), contribue directement à la vulnérabilité neuronale. La forme thréonate (magnésium L-thréonate) est la seule forme documentée pour traverser efficacement la barrière hémato-encéphalique et augmenter le magnésium cérébral.

La synapse chimique : une mécanique de précision

La transmission synaptique chimique est un ballet moléculaire d’une précision stupéfiante. Le potentiel d’action arrive à la terminaison axonale et ouvre les canaux calcium voltage-dépendants. Le calcium entre dans la terminaison et déclenche la fusion des vésicules synaptiques avec la membrane présynaptique via les complexes SNARE (syntaxine, SNAP-25 et synaptobrévine), stabilisés par la complexine et régulés par le calcium via la synaptotagmine13. Les neurotransmetteurs sont libérés dans la fente synaptique (20 à 30 nanomètres de large), se fixent sur les récepteurs postsynaptiques, et déclenchent un nouveau signal.

Ce processus d’exocytose dépend de plusieurs facteurs nutritionnels. Le calcium lui-même, bien sûr. Mais aussi la fluidité membranaire : la fusion des vésicules avec la membrane présynaptique nécessite des membranes souples, riches en DHA. Comme je l’explique dans l’article sur les oméga-3, le DHA facilite l’assemblage des complexes SNARE et augmente la vitesse d’exocytose. L’ATP est nécessaire au remplissage des vésicules en neurotransmetteurs (les transporteurs vésiculaires sont des ATPases) et au recyclage de la membrane après exocytose. Et les précurseurs alimentaires des neurotransmetteurs (tyrosine pour la dopamine, tryptophane pour la sérotonine, choline pour l’acétylcholine, glutamate pour le GABA) déterminent la quantité de neurotransmetteurs disponible.

Après la libération, le neurotransmetteur est soit dégradé par des enzymes dans la fente synaptique (acétylcholinestérase pour l’acétylcholine, MAO et COMT pour les catécholamines), soit recapté par le neurone présynaptique via un transporteur spécifique (antiport sodium/chlore), soit recapté par les astrocytes14. Ce recyclage est essentiel pour l’arrêt de la stimulation postsynaptique et pour la disponibilité future du neurotransmetteur. Les antidépresseurs IRS, comme je l’explique dans l’article sur la dépression et les neurotransmetteurs, bloquent la recapture de la sérotonine pour augmenter sa concentration dans la fente synaptique. Mais ils ne fabriquent pas de sérotonine. Sans tryptophane, sans fer, sans B6, le médicament est vain.

Les 5 mécanismes de la neurodégénérescence convergents vers la mort neuronale

Neurodégénérescence : ce qui casse dans le cerveau

Les maladies neurodégénératives ne sont pas des accidents. Ce sont des processus lents, progressifs, qui résultent de la convergence de plusieurs mécanismes délétères sur un terrain vulnérable. Le Pr Biondi, dans son cours de neurobiologie au DU de micronutrition, identifie les mêmes piliers que la biochimie fonctionnelle15 :

Le stress oxydatif mitochondrial. Les neurones sont les cellules les plus riches en mitochondries après les cardiomyocytes. La chaîne respiratoire produit en permanence des espèces réactives de l’oxygène qui endommagent l’ADN mitochondrial, les protéines et les lipides membranaires. Les neurones, qui ne se divisent quasiment pas, accumulent ces dommages sur toute la vie. C’est pourquoi la protection mitochondriale (coenzyme Q10, acide alpha-lipoïque, vitamines B, magnésium) est un enjeu de prévention primaire, comme je le développe dans l’article sur le vieillissement cellulaire.

Le dysfonctionnement du transport axonal. L’agrégation de tau (Alzheimer), les mutations des kinésines et dynéines (CMT, SLA), les altérations des neurofilaments : tous convergent vers l’isolement du neurone, coupé de ses approvisionnements et de ses signaux de survie (facteurs neurotrophiques)16.

La neuro-inflammation chronique. La microglie activée en mode M1, comme dans la dépression, produit des cytokines pro-inflammatoires et des radicaux libres qui endommagent les neurones environnants. Dans Alzheimer, les plaques amyloïdes activent la microglie en permanence, créant un cercle vicieux inflammation-destruction-inflammation.

L’excitotoxicité glutamatergique. L’excès de glutamate ou le déficit de magnésium ouvre les canaux NMDA et laisse entrer le calcium destructeur. La riluzole, le seul médicament qui ralentit légèrement la SLA, agit en réduisant la libération de glutamate.

La démyélinisation. La perte de myéline ralentit la conduction nerveuse et expose l’axone nu au stress oxydatif et à l’inflammation. Les oligodendrocytes, qui fabriquent la myéline, sont eux-mêmes vulnérables au stress oxydatif (leur membrane est très riche en lipides insaturés).

Les nutriments qui protègent ton cerveau

La prévention de la neurodégénérescence ne commence pas à 70 ans. Elle commence maintenant. Et elle repose sur les mêmes piliers que la santé globale, mais avec des besoins spécifiques du tissu nerveux.

Les oméga-3 DHA sont le composant structural majeur des membranes neuronales et de la myéline. Le DHA représente 40 % des acides gras polyinsaturés du cortex cérébral. Il assure la fluidité membranaire nécessaire à l’exocytose synaptique, à la mobilité des récepteurs et à la formation de nouvelles synapses17. Les études épidémiologiques montrent une association inverse entre la consommation de poisson et le risque de maladie d’Alzheimer. Trois portions de petits poissons gras par semaine sont un minimum.

La vitamine B12 (cobalamine) est indispensable à la synthèse de la myéline. Sa carence provoque une démyélinisation progressive qui se manifeste par des troubles de la mémoire, des paresthésies (fourmillements), une ataxie (troubles de l’équilibre) et éventuellement une démence. La carence en B12 est fréquente chez les personnes âgées (diminution de l’absorption intestinale, gastrite atrophique, prise de metformine ou d’IPP), chez les végétariens et les vegans. Le dosage de l’acide méthylmalonique sérique est plus sensible que le dosage de la B12 elle-même pour détecter une carence fonctionnelle.

Le magnésium protège contre l’excitotoxicité glutamatergique (bouchon du canal NMDA), soutient la production d’ATP mitochondrial et participe à la synthèse de tous les acides nucléiques (ADN, ARN). La forme thréonate est documentée pour sa capacité à traverser la BHE.

Le zinc est cofacteur de plus de 300 enzymes, dont la SOD1 (superoxyde dismutase cuivre-zinc), l’enzyme antioxydante clé dont la mutation est impliquée dans les formes familiales de SLA18. Il module les récepteurs NMDA et GABA, protège contre l’excitotoxicité et l’inflammation. Comme je le détaille dans l’article sur le zinc, sa carence touche silencieusement une large partie de la population.

Le fer est cofacteur de la tyrosine hydroxylase et de la tryptophane hydroxylase (synthèse de dopamine et de sérotonine), des enzymes de la chaîne respiratoire mitochondriale (centres fer-soufre), et de la myélinisation. Mais le fer libre est aussi un puissant pro-oxydant via la réaction de Fenton. Le cerveau a besoin de fer, mais de fer finement régulé. L’excès est aussi dangereux que la carence, comme je le développe dans l’article sur l’anémie.

Les vitamines B (B1, B2, B3, B5, B6, B9, B12) sont les cofacteurs de la chaîne respiratoire mitochondriale, de la synthèse des neurotransmetteurs, de la méthylation et de la synthèse de la myéline. Un déficit en B1 (thiamine) provoque le syndrome de Wernicke-Korsakoff (confusion, ataxie, amnésie). Un déficit en B6 provoque des convulsions chez le nourrisson et une neuropathie périphérique chez l’adulte. Un déficit en B9/B12 provoque une hyperhomocystéinémie, facteur de risque indépendant de démence et d’AVC.

Les antioxydants (vitamine E, vitamine C, sélénium, polyphénols) protègent les membranes neuronales riches en lipides insaturés contre la peroxydation. La vitamine E (alpha-tocophérol) est l’antioxydant liposoluble majeur des membranes. Le resvératrol active les sirtuines et la biogenèse mitochondriale. La curcumine traverse la BHE et inhibe l’agrégation des plaques amyloïdes in vitro19.

Ce que Georges a compris

Georges n’avait pas Alzheimer. Ses tests cognitifs (MoCA) étaient à 25/30 : un léger déclin attentionnel, pas de trouble de la mémoire épisodique. Son IRM cérébrale était normale. Mais son bilan biologique racontait une autre histoire. Homocystéine à 16 µmol/L (carence en B9/B12). Ferritine à 280 ng/mL (surcharge en fer, pro-oxydant cérébral). Vitamine D à 18 ng/mL (inflammatoire). Index oméga-3 à 3,8 % (membranes rigides). Magnésium érythrocytaire dans le tiers inférieur de la norme.

Le protocole a été simple. Complexe B avec B12 méthylcobalamine et B9 méthylfolate (correction de l’hyperhomocystéinémie). Oméga-3 EPA/DHA 3 g par jour (reconstruction des membranes). Magnésium thréonate 1500 mg par jour (neuroprotection NMDA). Vitamine D3 4000 UI par jour. Curcumine phytosomale 500 mg. Pas de fer supplémentaire (au contraire, surveillance de la ferritine élevée). Trois sardines par semaine, des œufs au petit-déjeuner (choline pour l’acétylcholine), des noix et amandes quotidiennes (magnésium, oméga-3 ALA, vitamine E), et trente minutes de marche rapide chaque jour (le BDNF, facteur neurotrophique cérébral, augmente avec l’exercice physique aérobie).

À quatre mois, son homocystéine était à 9 µmol/L. Son index oméga-3 à 7,2 %. Il ne cherchait plus ses mots. Il avait retrouvé le plaisir de lire. Et surtout, il avait compris que son cerveau, comme un muscle, se nourrit, s’entraîne et se protège. Pas avec des mots croisés. Avec de la biochimie.

La naturopathie ne prétend pas guérir Alzheimer. Aucune discipline ne le peut aujourd’hui. Mais quand 900 000 personnes sont touchées et que 90 % des cas sont sporadiques (pas génétiques), quand les facteurs de risque modifiables (inflammation, stress oxydatif, carences, insulinorésistance, sédentarité) sont identifiés et documentés, la prévention nutritionnelle n’est plus une option. C’est une urgence de santé publique. Ton cerveau est l’organe le plus sophistiqué de l’univers connu. Il mérite mieux qu’un croissant et un café.


Pour aller plus loin

Footnotes

  1. Biondi O. Rappel des bases en neurobiologie : du neurone aux fonctions cognitives. DU de Micronutrition, Alimentation, Prévention et Santé (MAPS). Diapositive 3 : « En France : 900 000 Alzheimer, 500 000 épilepsie, 150 000 Parkinson, 100 000 sclérose en plaques. »

  2. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 6 : « Les cellules du SNC : neurones et cellules gliales (astrocytes, oligodendrocytes, microglie). »

  3. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 9 : « Astrocytes : cellules les plus nombreuses du SNC. Modulent la composition extracellulaire, isolent les synapses, participent à la BHE, fonctions nutritives des neurones. »

  4. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositives 7-8 : « Myéline : enroulement membranaire très dense. Conduction rapide car saltatoire. Nœuds de Ranvier : forte concentration de canaux ioniques. »

  5. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 10 : « Microglie : cellules immunitaires du SNC. Pro-inflammatoire, phagocytose des déchets. Participent à la survie et à la mort des neurones. »

  6. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositives 20-21 : « Transport axonal antérograde (kinésine) et rétrograde (dynéine). »

  7. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 21 : « Transport antérograde : mitochondries, ARN, vésicules. Transport rétrograde : mitochondries, ARN, facteurs neurotrophiques, vésicules, lysosomes. »

  8. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 22 : « Démences : tau : stabilisation des microtubules. Alzheimer : agrégation de tau : neuropathie. »

  9. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 22 : « ALS1 : SOD1, transport rétro/antérograde. ALS sporadiques : NF-H, filaments intermédiaires. CMT2A : KIF1Bb, transport antérograde. »

  10. Olney JW. Brain lesions, obesity, and other disturbances in mice treated with monosodium glutamate. Science, 1969;164(3880):719-721.

  11. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 35 : « NMDA-R : multi-ligands (glycine/glutamate), cationique (calcium/sodium), activité régulée par l’ion magnésium. »

  12. Lipton SA. Failures and successes of NMDA receptor antagonists: molecular basis for the use of open-channel blockers like memantine in the treatment of acute and chronic neurologic insults. NeuroRx, 2004;1(1):101-110.

  13. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 20 : « Fusion membranaire : complexes SNARE (syntaxine, SNAP-25 et synaptobrévine) calcium-dépendant (complexine). »

  14. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 32 : « Recyclage immédiat par lyse enzymatique et/ou transport actif au niveau de la terminaison (transporteur antiport sodium/chlore). »

  15. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositives 97-106 : présentation des mécanismes de dégénérescence dans Parkinson et Huntington.

  16. Biondi O. DU de Micronutrition. Diapositive 22 : tableau complet des dysfonctionnements du transport axonal et maladies neurodégénératives associées.

  17. Wurtman RJ et al. Synapse formation is enhanced by oral administration of uridine and DHA. J Nutr Health Aging, 2009;13(3):189-197.

  18. Rosen DR et al. Mutations in Cu/Zn superoxide dismutase gene are associated with familial amyotrophic lateral sclerosis. Nature, 1993;362(6415):59-62.

  19. Yang F et al. Curcumin inhibits formation of amyloid beta oligomers and fibrils, binds plaques, and reduces amyloid in vivo. J Biol Chem, 2005;280(7):5892-5901.

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Questions fréquentes

01 Pourquoi le cerveau est-il si vulnérable aux carences nutritionnelles ?

Le cerveau représente 2 % du poids corporel mais consomme 25 % du glucose et 20 % de l'oxygène circulant. Il consomme dix fois plus d'énergie que tout autre organe. Ses neurones ne se divisent quasiment pas et doivent durer toute la vie. Le transport axonal dépend de l'ATP mitochondrial. La myéline nécessite des acides gras et du cholestérol. La transmission synaptique exige des précurseurs d'acides aminés, du calcium, des oméga-3 pour la fluidité membranaire, et des cofacteurs enzymatiques (fer, B6, zinc, magnésium). Toute carence en l'un de ces éléments retentit directement sur la cognition, la mémoire et l'humeur.

02 Quel est le rôle de la myéline et peut-on la protéger ?

La myéline est une gaine d'enroulement membranaire fabriquée par les oligodendrocytes (dans le cerveau) et les cellules de Schwann (dans les nerfs périphériques). Elle isole électriquement l'axone et permet la conduction saltatoire du signal nerveux, multipliant la vitesse de propagation par 100. Sans myéline, le signal se propage lentement et se dissipe. La sclérose en plaques est une maladie de démyélinisation. Pour protéger la myéline : oméga-3 DHA (composant structural), vitamine B12 (synthèse de la myéline), acide folique (B9), fer, cholestérol (composant majeur), et protection contre le stress oxydatif (les membranes myéliniques riches en lipides sont très sensibles à l'oxydation).

03 Qu'est-ce que le transport axonal et pourquoi est-il important ?

Le transport axonal est le système logistique du neurone. L'axone peut mesurer jusqu'à un mètre de long (motoneurones), mais le corps cellulaire (soma) est le seul endroit où les protéines sont synthétisées. Le transport antérograde (kinésine) achemine mitochondries, ARN et vésicules du soma vers les terminaisons. Le transport rétrograde (dynéine) ramène les mitochondries usagées, les facteurs neurotrophiques et les lysosomes vers le soma. Ce transport consomme de l'ATP et dépend de l'intégrité des microtubules (protéines tau). Le dysfonctionnement du transport axonal est impliqué dans la maladie d'Alzheimer (agrégation de tau), la SLA, les maladies de Charcot-Marie-Tooth et la maladie de Parkinson.

04 Quel est le rôle du magnésium dans la protection du cerveau ?

Le magnésium est un gardien naturel du cerveau. Il bloque le récepteur NMDA du glutamate (le principal neurotransmetteur excitateur) en se positionnant dans le canal ionique. Quand le magnésium est présent, le canal reste fermé et le calcium ne peut pas entrer massivement dans le neurone. Quand le magnésium est absent (carence), le canal s'ouvre trop facilement, le calcium entre en excès, ce qui active des enzymes destructrices (protéases, lipases, endonucléases) qui détruisent le neurone de l'intérieur. C'est l'excitotoxicité glutamatergique, un mécanisme central dans les AVC, l'épilepsie et les maladies neurodégénératives.

05 La maladie d'Alzheimer est-elle uniquement génétique ?

Non. Les formes familiales (génétiques) de la maladie d'Alzheimer ne représentent que 5 à 10 % des cas. La grande majorité est sporadique et résulte de l'interaction entre facteurs génétiques de susceptibilité et facteurs environnementaux : stress oxydatif mitochondrial, excitotoxicité glutamatergique, neuroinflammation chronique (microglie activée), dysfonctionnement du transport axonal (agrégation de la protéine tau), déficit en oméga-3 DHA (perte de fluidité membranaire), carence en vitamines B (hyperhomocystéinémie), insulinorésistance cérébrale et exposition aux métaux lourds. Tous ces facteurs sont modulables par la micronutrition et le mode de vie.

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